Des « lacunes » inquiétantes doivent être « impérativement prises en compte pour les prochaines crises ». Un rapport parlementaire, publié ce mardi, critique la gestion de la crise des laits infantiles en France, mettant en cause aussi bien l’Etat que plusieurs industriels, dont Nestlé.
Tout a commencé en décembre 2025, lorsque Nestlé a rappelé plusieurs lots de lait dans plus de soixante pays en raison d’une contamination potentielle par du céréulide, une toxine pouvant entraîner de graves vomissements chez les nourrissons. Ce rappel a été suivi par des actions similaires de la part d'autres géants comme Danone et Lactalis, tous concernés par un accusé commun : une huile fournie par un sous-traitant chinois récemment impliqué.
Les familles et diverses associations ont accusé les fabricants d'avoir tardé à effectuer les rappels, tout autant que l'Etat qui a semblé se reposer sur leur diligence. « Bien que l’impact épidémiologique semble limité, cet épisode met en lumière des failles qui méritent d'être adressées pour les prochaines crises », affirment les rapporteurs du document.
Une surveillance insuffisante
Mathilde Hignet, députée et co-rapporteure, souligne un problème de chronologie dans les échanges d’informations, indiquant que Nestlé a mis quatre jours à alerter les autorités après avoir identifié la source. Avec son collègue Michel Lauzzana (Renaissance), ils questionnent l'efficacité des contrôles exercés par le fournisseur chinois et fustigent les moyens limités dont disposent les autorités pour surveiller ces chaînes d’approvisionnement.
Communication tardive et incertitudes sanitaires
Les parlementaires soulèvent la question d’un rappel intégral dès la détection de la contamination, au lieu d’attendre des analyses. Ils critiquent la communication des autorités, qui a pris « 17 jours » pour informer l'ensemble des professionnels de santé. Les conséquences sanitaires demeurent incertaines, malgré trois signalements de décès parmi les bébés ayant consommé des laits rappelés, pour deux d’entre eux, leur lien avec le lait a été écarté.
En conclusion, le rapport propose douze recommandations, dont un meilleur encadrement des ingrédients ajoutés et une amélioration des procédures d’alerte pour les produits destinés aux enfants, afin de prévenir de futurs incidents similaires.







