La motion de censure déposée par les Écologistes visant Sébastien Lecornu pour son "inaction climatique" a été rejetée par l'Assemblée nationale le 6 juillet. Cet incident met en lumière les dissensions au sein du Parti socialiste (PS).
Lors de cette session, le premier secrétaire Olivier Faure a été mis en difficulté, son propre groupe refusant de renverser le ministre. En effet, seuls 132 députés ont soutenu cette motion, reflet d'une division interne au PS et d'une absence de consensus sur la stratégie à suivre. Vingt des 68 députés socialistes, y compris Faure, ont voté pour, suscitant des tensions, comme l'indique Boris Vallaud, chef des députés PS : "Respecter le sens du vote du groupe devrait être la responsabilité d’un premier secrétaire".
Avec un total de 132 voix, le chiffre est bien loin des 289 nécessaires pour provoquer une chute du gouvernement. Le Rassemblement national avait déjà annoncé son intention de ne pas soutenir cette motion, ne souhaitant pas favoriser les Écologistes.
En réponse, Lecornu a défendu sa position, accusant les signataires de "manipuler les victimes" des vagues de chaleur récentes. Il s'est également exprimé sur les motivations derrière la motion, affirmant qu'elle visait à tester les relations au sein de la gauche avant les élections à venir, en soulignant : "Personne n’est dupe".
« Les Français suffoquent »
Le débat s'est déroulé dans une assistance clairsemée, mettant en avant les divisions au PS. Faure, souhaitant envoyer un signal fort, s’est retrouvé isolé face à une majorité qui prônait le calme. L’un de ses proches a redit que la responsabilité du PS aurait été de ne pas contribuer à la désorganisation dans un contexte où le changement climatique reste urgent.
"Notre rôle n’est pas d’ajouter de l’instabilité à l’inaction. Le climat n’attend pas", a déclaré Fabrice Barusseau, orateur des socialistes. Les tensions se sont intensifiées après les critiques de Jean-Luc Mélenchon qui a qualifié Faure de "girouette" en raison de son changement de position sur la censure.
En guise de réponse, Lecornu a inclus à l'ordre du jour une proposition de loi sur l'adaptation au changement climatique, tentant de satisfaire certaines demandes du PS. Marine Tondelier, patronne des Écologistes, n'a pas manqué de faire état de la colère croissante des Français face à la canicule actuelle, précisant : "Censurer le gouvernement est un devoir".







