Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a évoqué l'importance de développer le projet de loi concernant la protection de l’enfance. Son objectif est d'incorporer des mesures pénales destinées à lutter plus efficacement contre les violences sexuelles envers les mineurs, un sujet qui a été propulsé sur le devant de la scène par l’affaire tragique de Lyhanna.
Bergé qualifie la lutte contre ces crimes de « priorité nationale». Le gouvernement se prépare à enrichir son projet de loi en vue d'une discussion qui débutera le 15 juillet à l’Assemblée nationale, avec une des propositions les plus marquantes visant à « condamner à perpétuité ceux qui ont violé des enfants ». Cette réforme vise non seulement à protéger les victimes mais aussi à renforcer les sanctions.
La ministre souhaite également rendre obligatoires des « motivations pour les classements sans suite ». Cette nouvelle mesure a pour but de fournir des explications claires aux familles dont les plaintes se heurtent à des décisions judiciaires parfois difficiles à comprendre. Des décrets nécessaires ont déjà été annoncés pour mettre en œuvre cette initiative.
Aurore Bergé a, par ailleurs, confirmé que la proposition de loi dite « intégrale », soutenue par une large coalition de parlementaires, a été soumise au Conseil d’État. Elle assure avoir collaboré étroitement depuis six mois avec différents groupes politiques et se dit optimiste quant à la possibilité d’un consensus transpartisan. « Le consensus est possible », déclare-t-elle.
Concernant les ressources, Aurore Bergé souligne les dispositifs en place tels que les « salles d’audition dédiées » pour les enfants victimes et les « maisons de protection des familles » créées dans chaque département, ainsi que la collecte de preuves « à l’hôpital », et ce même sans dépôt de plainte. Cependant, elle admet que ce sujet est devenu un « contentieux de masse » qui « nécessite encore plus de moyens ».
Ce discours intervient alors que Gérald Darmanin a récemment demandé aux parquets de réaliser un état des lieux des 70 000 plaintes pour viols et agressions sexuelles concernant des mineurs, d’ici au 14 juillet. Certaines juridictions ont déjà mis en place des mesures d'organisation d'urgence, parfois au détriment d'autres affaires en cours.
Au-delà des mesures législatives, la ministre encourage une prise de conscience collective face à ces tragédies. Elle parle d'un « MeToo des enfants » et insiste sur le fait que « nous n’avons pas le droit de faillir collectivement ». Sébastien Lecornu, quant à lui, réunira rapidement les parlementaires concernés à Matignon pour finaliser les dernières propositions nécessaires à cette lutte.







