L'Ukraine s'apprête à franchir une étape décisive en matière d'intégration européenne à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg. Toutefois, il est clair que de nombreux défis s'annoncent sur cette voie, notamment le rattrapage des normes requises par l'Union.
Après avoir été dans l'impasse pendant plusieurs années, l'Ukraine va entamer une série de négociations avec l'UE, en attendant de moment crucial prévu dans l'après-midi. Ce processus a été bloqué pendant un certain temps, notamment en raison d'un veto hongrois. Le commissaire européen à l'Élargissement, Marta Kos, a exprimé son optimisme : « Je m'attends à ce qu'on les ouvre d'ici fin juillet ».
Ces discussions porteront sur les 35 chapitres que l'Ukraine doit intégrer pour se conformer à l'« acquis communautaire ». Ce concept englobe un vaste ensemble de règles, allant de la protection de l'environnement à la régulation des marchés. « Ce n'est pas seulement un rattrapage économique », a clarifié le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, soulignant qu'il s'agit aussi d'un changement culturel vers un idéal de démocratie et de liberté.
Cependant, la réalité de la guerre en Ukraine rend cette tâche plus complexe. Le Parlement ukrainien a du mal à adopter les réformes nécessaires, ce qui aggrave la situation, comme l'a précisé un responsable européen lors d'une récente réunion à Bruxelles. « En matière de lutte anti-corruption, les progrès ne sont pas suffisants », a-t-il affirmé.
En outre, les négociations risquent de devenir particulièrement délicates, notamment en ce qui concerne l'agriculture, car des pays comme la France s'inquiètent de l'intégration de l'Ukraine, une puissance agricole avec une population de 40 millions d'habitants. Après avoir auparavant exprimé un souhait d'adhésion pour 2024, l'Ukraine demande maintenant une « pleine et entière » adhésion, comme l'a rappelé le président Volodymyr Zelensky.
Les défis qui se profilent sont d'autant plus pressants, comme le soulignent de nombreux leaders européens. « Il est clair qu'une adhésion à court terme est peu probable », a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz. Le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a quant à lui prédit que le processus pourrait prendre entre 10 et 15 ans, en tenant compte des diverses complexités politiques et procédures de ratification.







