La récente décision de Washington de suspendre l'accès à ses modèles d'intelligence artificielle, notamment ceux développés par Anthropic, a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique française. Cette mesure, évoquée comme une question de sécurité nationale, a suscité des réactions ferventes concernant la nécessité d'une souveraineté numérique en France.
Avec cette suspension, Washington interdit l'accès aux modèles d'IA pour « tout ressortissant étranger », y compris les employés étrangers de l'entreprise Anthropic. Cela touche non seulement à la technologie, mais également au cœur de la compétitivité économique française. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a affirmé sur Twitter que cette situation « rappelle que l'intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeur ». Il prône une augmentation du soutien à l'entreprise française Mistral AI et à l'écosystème IA national.
Jean-Luc Mélenchon, figure de LFI, a également soulevé des préoccupations similaires, rappelant que depuis 2016, son mouvement considère le numérique comme une « nouvelle frontière de l'humanité » et refuse que la France soit soumise à une domination numérique américaine.
« Cette décision montre l'urgence d'être indépendants et souverains », a-t-il déclaré, tout en pointant du doigt un « règlement de comptes politique » entre l'administration américaine et Anthropic, qui prône une IA éthique. En effet, le Pentagone avait rompu ses contrats avec eux en mars, qualifiant l'entreprise de « risque pour la chaîne d'approvisionnement ».
Pour sa part, Gabriel Attal, ministre de l'Éducation nationale, a décrété avec force que « la guerre de l'IA a déjà commencé » et a averti du risque de vassalisation de la France. Selon lui, cette décision met en lumière notre vulnérabilité et souligne l'importance de développer nos propres technologies d'intelligence artificielle. « Nous ne pouvons pas compter sur d'autres pour notre indépendance. Anthropic est notre détroit d'Ormuz », a-t-il ajouté.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et actuel maire du Havre, a plaidé pour un réveil de l'Europe face à cette réalité. « Nous n'avons pas le contrôle des modèles d'IA, ni des infrastructures sur lesquelles elles reposent, qui sont aussi essentielles que l'électricité ou Internet », a-t-il insisté, appelant à privilégier des marchés technologiques européens et à simplifier les normes qui favorisent les grandes entreprises américaines.
Alors que la situation continue d'évoluer, la classe politique française semble unie derrière l'idée d'une course vers l'indépendance numérique, face à une superpuissance décidée à ce que l'IA se plie à ses intérêts stratégiques.







