La France insoumise (LFI) a formulé une demande formelle à Sébastien Lecornu pour établir une "instance de surveillance de la campagne" en vue de l'élection présidentielle de 2027. Cette initiative survient alors que le Premier ministre convoque des discussions avec diverses formations politiques pour examiner les dangers des ingérences dans les processus électoraux.
Selon le courrier de LFI, cette instance rassemblerait des représentants des candidats à la présidentielle, afin de garantir une communication fluide sur les opérations d'ingérences identifiées par les services de l'État. Le mouvement de gauche radicale plaide également pour la nécessité de pénaliser les interférences reposant sur des technologies comme les bots ou l'intelligence artificielle, et d'interdire le ciblage politique basé sur le profilage des données personnelles.
"Nous souhaitons interdire toute forme de sélection ou de diffusion de campagnes électorales nourries par l'exploitation de données personnelles", précise LFI.
Les Insoumis réclament en outre la création d'une "Haute Autorité Électorale", destinée à assurer l'organisation et la sécurisation des processus électoraux en France. Cette institution pourrait garantir une coordination efficace entre les différentes administrations compétentes.
Dans leur lettre, les membres de LFI expriment leurs préoccupations quant à l'engagement du gouvernement à lutter contre les ingérences étrangères, surtout celles ciblant des opposants politiques. Ils soutiennent que la lutte contre ces ingérences doit impérativement se faire indépendamment de tout intérêt partisan.
La réunion à Matignon vise à faire la lumière sur les ingérences passées, comme celle d'une entreprise israélienne ayant ciblé des candidats de LFI lors des élections municipales, et à analyser les risques en vue des scrutins de 2027, qui comprendront potentiellement une présidentielle et des législatives.
Fin mai, le parquet de Paris a ouvert une enquête concernant l'éventuelle ingérence orchestrée par une entreprise israélienne à l'encontre de candidats de LFI, notamment Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix.
Le service Viginum, chargé de surveiller les manipulations en ligne, a également signalé une "campagne malveillante" provenant d'un acteur situé à l'étranger, qui pourrait nuire aux intérêts fondamentaux de la nation.
Enfin, un projet de loi, présenté en avril par Emmanuel Macron, est en cours d'élaboration. Le président a mis en évidence la menace que constitue la Russie, laquelle aurait tendance à "accumuler un grand nombre de faux comptes" durant les périodes électorales sur les réseaux sociaux.







