Une opération d'espionnage orchestrée par les services secrets chinois vise à recueillir des informations sensibles concernant l'Union européenne et l'Otan à travers des profils faux sur LinkedIn. Cette révélation a été faite vendredi par une source sécuritaire européenne, corroborant des informations du média français Intelligence Online et d'autres médias belges.
Selon les révélations, des dizaines de professionnels ayant travaillé pour des institutions européennes et à l'Otan ont été contactés via LinkedIn par des espions qui se faisaient passer pour de faux recruteurs. La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, a révélé que plusieurs personnes avaient été effectivement recrutées en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Italie. "De nombreuses informations confidentielles ont été transmises à la Chine," a-t-elle déclaré, ajoutant que la menace d'espionnage est bien réelle et persistante.
Des faux profils LinkedIn actifs
Un des compte LinkedIn les plus notables était celui de "Kevin Zhang", prétendant être dirigeant d'une société de conseil fictive, "Oriental Consulting", basée à Hong Kong. Les opérations se déroulaient en plusieurs étapes : initialement, les recrutés étaient chargés de rédiger des analyses rémunérées avant qu'on ne leur demande des renseignements non publics ou classifiés. Pour les services chinois, les thèmes centraux tournaient autour des sanctions de l'UE contre la Chine et des stratégies de l'Otan en Asie, notamment en ce qui concerne Taïwan.
Les recrutements offraient des compensations financières alléchantes, montant souvent à plusieurs milliers d'euros. Mme Verlinden a souligné que ces méthodes étaient désormais courantes, permettant aux grands États d'avoir accès à des informations stratégiques grâce à des moyens peu conventionnels.
Une menace persistante depuis plusieurs années
Des alertes concernant ces opérations d'espionnage, menées par la Chine, avaient déjà été émises par les services de renseignement européens. En novembre 2025, le service britannique de renseignement intérieur (MI5) avait averti les parlementaires des tentatives d'espionnage visant le Royaume-Uni. Ces avertissements avaient été accueillis avec scepticisme par Pékin, qui a dûment démenti toute implication.
Selon des déclarations de Bernard Émié, ancien directeur de la DGSE, ces opérations se seraient intensifiées depuis 2014, mettant en lumière la vulnérabilité des réseaux sociaux comme terrain d'infiltration. Plus de 17 000 Français auraient été approchés dans cette opération bien orchestrée et sophistiquée pour collecter des informations critiques.







