Lors du premier tour de l'élection présidentielle du Portugal le 18 janvier 2026, Antonio José Seguro, le candidat socialiste, a enregistré 30,6 % des voix, se plaçant ainsi en tête des résultats préliminaires. Il affrontera au second tour André Ventura, le leader de l'extrême droite, qui a obtenu 24,2 %. Ces résultats, basés sur le recensement de 95 % des circonscriptions, marquent un tournant dans la dynamique politique du pays.
Ce premier tour a révélé une fragmentation du paysage politique, avec Joao Cotrim Figueiredo, du Parti libéral, prenant la troisième place avec 15,5 %. Notons qu'il s'agit du premier second tour d'une élection présidentielle portugaise depuis 1986, soulignant la montée des tensions et des sensibilités politiques dans la nation ibérique.
Des bouleversements électoraux
Le résultat est inattendu par rapport aux sondages d'avant-élection qui plaçaient Ventura dans une position plus favorable. Ce dernier, membre du mouvement Chega (« Assez »), montre une évolution impressionnante, son parti étant désormais reconnu comme la principale force d'opposition au gouvernement de droite. Il avait déjà progressé lors des dernières législatives, où Chega a remporté 22,8 % des suffrages. D'autres médias, comme Le Monde, font écho à cette dynamique croissante de l'extrême droite au Portugal.
Le Premier ministre Luis Montenegro, affirmant que son parti, le PSD, fera preuve de neutralité lors du second tour, a souligné qu'il ne donnera pas de directive de vote. Cette décision pourrait refléter des tensions internes au sein des partis traditionnels face à l'essor de l'extrême droite.
Les défis à venir pour le Portugal
La campagne a été marquée par des débats chauds, impliquant un nombre record de onze candidats. Les résultats ont laissé le candidat du gouvernement, Luis Marques Mendes, en cinquième position avec seulement 12 % des voix. Les électeurs semblent en quête de nouvelles voix et de changements. Des experts anticipent que cette situation pourrait engendrer une cohabitation compliquée entre un président socialiste et un gouvernement conservateur, notamment dans le contexte économique difficile que connaît le pays.
Ce climat électoral témoigne d'une période de vulnérabilité pour les partis traditionnels. « C'est un appel aux élus pour qu'ils se rapprochent des attentes de la population », souligne Maria Alves, politologue à l'Université de Lisbonne.
Avec le second tour prévu pour le 8 février, tous les regards seront tournés vers la dynamique de la campagne électorale, où l'avenir politique du Portugal pourrait être redéfini, à la lumière d'un vote qui pourrait sonner le glas d'une ère politique stabilisée autrefois.







