Ce dimanche, les électeurs suisses sont appelés à se prononcer sur une initiative populaire visant à limiter l'immigration et une réforme gouvernementale concernant l'accès au service civil. Ces deux votes suscitent de vives discussions dans un pays où les étrangers représentent plus d'un quart de la population.
En Suisse, le vote par correspondance est très prisé, et bien que les bureaux de vote ne soient ouverts que quelques heures, les résultats préliminaires devraient commencer à tomber dans l'après-midi. Selon des sondages récents, le scrutin sur l'immigration pourrait s'annoncer plus serré que prévu, avec une légère avance pour le non.
Cette initiative, portée par l'Union démocratique du centre (UDC), le principal parti de droite, vise à plafonner la population du pays à 10 millions d'habitants d'ici à 2050, ce qui pourrait affecter les relations économiques étroites que la Suisse entretient avec l'Union européenne. "Si nous dépassons ce seuil, cela pourrait nous contraindre à dénoncer l'accord de libre circulation avec l'UE", explique un économiste dans un article du Temps.
Gilles Hirt, un retraité, a exprimé son inquiétude au micro de l'AFP : "S'il y a trop de monde à bord, on risque de couler". Un sentiment partagé par de nombreux partisans de l'initiative qui évoquent des problèmes croissants tels que la crise du logement et la saturation des infrastructures. Yvan Pahud, député UDC, a également souligné : "La Suisse n'est pas extensible et ne peut pas accueillir toute la misère du monde".
Critiquée par le gouvernement et les partis de gauche, cette initiative nécessite le soutien de la majorité des votants et des cantons pour être acceptée. D'un autre côté, Josefina Luque, une enseignante à Berne, oppose les peurs légitimes de la population à la nécessité d'une ouverture : "Ignorer ces craintes risque de provoquer des tensions à l'avenir".
Parallèlement, les Suisses votent sur une proposition visant à durcir l'accès au service civil, une alternative au service militaire. La gauche, qui s'oppose à cette réforme, met en garde contre le risque de faire disparaître ce choix au moment où de nombreux pays renforcent leurs armées en réponse aux tensions géopolitiques, notamment en raison de la guerre en Ukraine.
Un sondage récent révèle un équilibre précaire d'opinions : 48% des sondés sont favorables à un durcissement des conditions, tandis que 46% s'y opposent. Malgré un système de milice qui impose le service militaire, des milliers de citoyens ont opté pour le service civil depuis 1996, particulièrement après la suppression d'une commission en 2009 pour vérifier le "conflit de conscience". Cela suscite des préoccupations au sein du gouvernement, qui considère cette situation comme problématique.







