Dans une série d'annonces, Donald Trump a souvent affirmé être "très proche" d'un accord avec Téhéran visant à mettre un terme aux hostilités au Moyen-Orient. Malgré l'optimisme affiché, des freins majeurs demeurent, notamment du côté des politiques internes des deux nations. Les négociations, sous l'égide de médiateurs tels que le Pakistan et le Qatar, sont loin d'être simples.
D'après Sud Ouest, la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît. Le flou qui entoure la hiérarchie iranienne, notamment depuis la disparition du guide suprême Ali Khamenei début 2023, complique davantage les pourparlers. Son successeur, Mojtaba Khamenei, semble peiner à s’affirmer sur la scène internationale.
CNN a rapporté que Trump a répété au moins 39 fois escompter un accord, mais ses déclarations se sont accompagnées de menaces à l'encontre de l'Iran. Son comportement erratique crée des doutes quant à la sincérité des intentions américaines. De plus, alors que la guerre, initiée avec le soutien israélien, suscite de plus en plus de mécontentement aux États-Unis, Trump doit composer avec une opinion publique en ébullition.
Ali Alfoneh du Arab Gulf States Institute souligne que Netanyahu représente un obstacle significatif en continuant de s'opposer à tout compromis avec l'Iran. Bien que la République islamique insiste sur son droit à l'enrichissement d'uranium, elle dément vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce qui reste un pomme de discorde entre les deux parties. Les États-Unis hésitent également à satisfaire une demande clé de l'Iran : le déblocage de ses avoirs gelés, ce qui pourrait orienter la dynamique des négociations.
Les Iraniens ne cèdent pas
Les responsables iraniens, tirant parti des retards et de l'instabilité, croient qu'ils peuvent obtenir de meilleures conditions. Les experts estiment que Trump, conscient des risques que les actions militaires pourraient susciter au sein de son électorat, pourrait être contraint de revoir ses priorités. "Il devra aboutir à des termes moins favorables", précise l'analyste.
Les conditions d'un éventuel accord semblent difficiles à établir. Le respect des engagements militaires est une priorité pour Téhéran, qui souhaite mettre fin aux frappes israéliennes sur le Hezbollah, un allié stratégique. Ce dernier, bien que moins puissant qu’auparavant, demeure populaire parmi une frange de la population libanaise qui se montre réticente à un rapprochement avec Israël. Comme l’indique Luigi Toninelli, chercheur à l’Institut italien d’études de politique internationale, cette dynamique entrave la possibilité d'un accord durable.
Un enjeu majeur demeure le contrôle du détroit d'Ormuz, primordial pour le transit maritime des hydrocarbures. L’Iran, qui en détient la maîtrise, semble peu enclin à céder ce levier stratégique, comme l’explique Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa. À ce stade, la situation ne laisse entrevoir qu'une guerre "gelée", selon Ali Alfoneh, face à l'incapacité des États-Unis et de l'Iran à trouver un terrain d'entente durable.







