Le 11 juin, les autorités israéliennes ont refusé l'entrée à Alice Froussard, une journaliste française qui couvre le conflit israélo-palestinien pour Radio France et RFI depuis plusieurs années. À son arrivée à l'aéroport international Ben-Gourion, elle a été contrainte de passer la nuit avant d'être renvoyée à Paris le lendemain matin.
Amichaï Chikli, le ministre israélien de la Diaspora, a annoncé sa décision en accusant Froussard de soutenir le mouvement islamiste Hamas. "Elle a tenté d'entrer pour travailler ici, mais la recommandation du ministère a été appliquée", a-t-il déclaré dans un communiqué.
La France se dit "pleinement mobilisée"
En réaction, le gouvernement français a exprimé son « regret » face à cette décision israélienne, réaffirmant son engagement envers la liberté d'expression et de la presse. « Nous n'acceptons pas cette décision qui relève de la souveraineté israélienne », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Pascal Confavreux, lors d'une conférence de presse, a précisé que Paris avait agi rapidement pour soutenir Froussard après avoir été informé de la situation.
RFI dénonce une "entrave à la liberté de la presse"
RFI a également réagi en dénonçant l'expulsion de sa journaliste, indiquant qu'elle avait obtenu toutes les autorisations nécessaires pour travailler. La radio a souligné que les autorités israéliennes n'avaient pas fourni de justification pour un acte jugé comme une atteinte à la liberté de la presse.
Cette situation se produit dans un climat déjà tendu, alors que la France a récemment mis en place une interdiction sur l'entrée du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, accusé de promouvoir l'annexion de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967.
Des experts appellent à une attention accrue sur la liberté des journalistes dans la région, notant que de nombreuses difficultés subsistent pour la couverture de l'actualité. "Ce cas souligne des enjeux cruciaux pour la liberté de la presse, qui doivent être défendus", déclare l'analyste en médias, Marion Dupont.







