La gestion de l’affaire des laits infantiles a mis en exergue des « lacunes » notables de l’État français et des industriels, lesquelles doivent être prises au sérieux face à d’éventuelles crises futures, selon un rapport paru le 19 mai.
L’affaire des laits infantiles, déclenchée en décembre 2025 avec le rappel massif par Nestlé de plusieurs lots en raison de la présence de la céréulide, une toxine dangereuse pour les nourrissons, a fait l’objet d’une évaluation approfondie. Ce rapport parlementaire a mis en lumière des « lacunes » de la part des autorités et des fabricants.
Au-delà de Nestlé, d’autres entreprises comme Danone et Lactalis ont également procédé à des rappels. Tous avaient en commun l’utilisation d’un ingrédient, une huile riche en acide arachidonique (ARA), fourni par le même sous-traitant chinois. Des familles et associations de consommateurs ont exprimé leurs inquiétudes, accusant les fabricants d’une réaction tardive face au problème et l'État d’une confiance excessive en leur diligence.
Des doutes sur le sérieux des contrôles
« Si l’impact épidémiologique de la crise des laits infantiles contaminés semble aujourd’hui limité, cet événement révèle certaines lacunes qui doivent impérativement être ajustées pour anticiper de futures crises », affirment les rapporteurs. La députée LFI Mathilde Hignet, co-auteur de ce rapport, souligne les retards de communication de Nestlé, qui a tardé à avertir les autorités après avoir identifié la source de contamination le 24 décembre.
Les rapporteurs interrogent également la « réalité des contrôles » effectués par le fournisseur chinois, déplorant le manque de moyens des autorités de régulation, ce qui les pousse à s’appuyer de plus en plus sur l’autocontrôle des industriels.
Ils estiment qu’un rappel immédiat de tous les lots concernés aurait pu être justifié, au lieu d’attendre les résultats des analyses, pointant la communication « relativement tardive » des autorités, qui ont mis « dix-sept jours » à alerter les professionnels de santé.
Douze recommandations pour l’avenir
Les conséquences sanitaires de cette affaire demeurent floues. Des autorités françaises ont mentionné trois décès possibles de bébés ayant consommé le lait rappelé, mais pour deux d’entre eux, à Angers et Bordeaux, la responsabilité de la consommation de lait a été écartée.
En prévision de crises similaires, le rapport formule douze recommandations, telles que renforcer le cadre réglementaire autour des « matières ajoutées » comme l'huile ARA, intensifier les contrôles indépendants financés par les industriels, et affiner les procédures d'alerte lorsqu'un aliment destiné aux jeunes enfants est concerné.







