Du 19 au 21 mai, la Russie met en œuvre des exercices qui mobilisent plus de 65 000 soldats et 7 800 unités d'équipements, dont plus de 200 lanceurs de missiles, selon le ministère russe de la Défense. Ces manœuvres surviennent en pleine tournure des événements diplomatiques avec l'arrivée imminente du président Vladimir Poutine en Chine.
Le communiqué du ministère a révélé : "Les forces armées de la fédération de Russie mènent un exercice de préparation et d'utilisation de leur armement nucléaire en cas de menace d'agression". Cette annonce s'inscrit dans un climat d'incertitude exacerbé par l'échéance de février dernier du traité New Start, qui régulait les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie.
Participeront à ces exercices des avions, des navires ainsi que des sous-marins, et des tirs d'essai de missiles balistiques et de croisière sont également au programme. Le ministre de la Défense a sous-ligné l'importance stratégique de ces manœuvres dans le contexte actuel.
Depuis le début de son offensive en Ukraine en 2022, la Russie a régulièrement fait valoir la possibilité d'une utilisation d'armes nucléaires en réponse à des menaces perçues, allant même à évoquer des scénarios alarmants en cas de confrontation directe avec l'OTAN. Ces préoccupations ont été relayées par des experts en sécurité internationale, notamment Pierre Razoux, auteur de plusieurs études sur la portée militaire russe.
Dans un climat de tensions géopolitiques accru, ces exercices sont perçus comme une affirmation de force par Moscou, visant à rappeler le potentiel dissuasif de son arsenal nucléaire. Selon Le Monde, ces démonstrations pourraient également être interprétées comme une réponse stratégique face à une perception grandissante de menace.







