Mardi, des bombardements russes ont coûté la vie à au moins 18 personnes en plein jour en Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky n'a pas manqué de dénoncer ce qu'il appelle le "cynisme absolu" de Moscou, particulièrement à l'approche des commémorations de la victoire de 1945 qui se dérouleront en Russie.
Selon des sources locales, douze personnes ont été tuées à Zaporijjia dans le sud, cinq à Kramatorsk à l'est, et une à Nikopol au centre-est. Ces frappes récurrents, jour et nuit, illustrent une intensification de l'agression russe, près de cinq ans après le début de l'invasion.
Actuellement en visite à Bahreïn, Zelensky a exprimé ses craintes d'un bilan encore plus lourd à Kramatorsk, une ville stratégique pour l'armée ukrainienne, qui subit des frappes intensifiées depuis des mois.
À Zaporijjia, quatre bombardements ont été signalés près du centre-ville, entraînant au moins 12 morts et 20 blessés, selon Anna Tkatchenko, porte-parole de la police régionale. Les frappes nocturnes, incluant des drones et des missiles, ont également fait des victimes parmi les secouristes.
Alors que Moscou intensifie ses bombardements, la Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral pour les 8 et 9 mai, coinciding avec la célébration marquante de la victoire de 1945. Toutefois, la menace d'une "frappe massive de missiles" sur Kiev en cas de non-respect de ce cessez-le-feu a été décrétée.
Zelensky a réagi en déclarant un cessez-le-feu allant de mercredi à 00H00, sans en préciser la durée. Il a toutefois souligné que l'Ukraine répondrait "de manière symétrique" à toute violation.
Critiquant la situation, Zelensky a affirmé : "C'est d'un cynisme absolu de demander un cessez-le-feu pour organiser des célébrations de propagande tout en menant des frappes quotidiennes".
Pour Volodymyr Fessenko, analyste politique, l'annonce de la trêve par l'Ukraine s'inscrit dans une "manoeuvre tactique". "Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous pouvons ignorer le sien. Cela invalide l'initiative de Poutine", a-t-il déclaré à l'AFP.
Rappelons qu'il y a quelques semaines, une trêve de 32 heures pour la Pâques orthodoxe a été souvent violée, bien que les attaques aériennes aient été temporairement suspendues. L'Ukraine appelle depuis longtemps à une trêve prolongée pour favoriser les négociations dans ce conflit meurtrier, le plus violent en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Moscou persiste à refuser cette demande, arguant qu'une trêve prolongée profiterait à l'armée ukrainienne pour se renforcer, exigeant notamment le cession de la région de Donetsk, partiellement occupée par ses troupes.
Pour sa part, face à ces assauts, l'Ukraine a intensifié ses frappes de drones sur le territoire russe, causant des dommages même dans des zones urbaines comme l'ouest de Moscou.
Enfin, ces annonces de trêves surviennent alors que l'attention des États-Unis se réoriente vers le Moyen-Orient après des efforts pour résoudre le conflit en Ukraine. En parallèle, les données de lInstitut pour l'étude de la guerre montrent que la zone contrôlée par la Russie a diminué de 120 km² en avril dernier, annonçant un tournant potentiel dans cette guerre. L'Ukraine a également cherché à partager son expertise en matière de défense contre les drones de fabrication iranienne dans le Golfe, illustrant une volonté d'élargir ses alliances.







