Le 15 avril, divers avocats se sont exprimés sur des inquiétudes relatives à une potentielle collusion entre Nicolas Féraud, le maire de Crans-Montana, et un ex-conseiller communal, suite à leur audition dans le cadre de l'enquête sur l'incendie tragique d'un bar qui a causé la mort de 41 personnes lors des festivités du Nouvel An.
Comme rapporté par la radio-télévision suisse publique RTS, l'ancien conseiller communal, responsable de la sécurité publique, a admis à la justice avoir rencontré Féraud la veille de son audition. Des sources confirment qu'une autre rencontre se serait tenue le 11 avril.
Une rencontre qui questionne
Bien que l'ancien conseiller ait soutenu que leur entretien était bref et sans rapport avec l'enquête, cette discussion, bien que légale, suscite l'inquiétude des avocats. Me Yaël Hayat, représentant des copropriétaires du bar incendié, a exprimé ses craintes : "C'est une réunion discrète, et cela soulève des doutes quant à leurs intentions. Ce n'est certainement pas pour discuter du temps qu'il fait."
Didier Elsig, avocat des parties civiles, a ajouté : "On a l'impression qu'ils s'étaient consultés pour harmoniser leurs récits, ce qui est troublant et compromet l'intégrité de cette enquête."
Les deux personnes sous enquête, Féraud et l'ancien conseiller, sont parmi les neuf individus actuellement préoccupés par des investigations juridiques liées à ce drame qui a également entraîné 115 blessés, majoritairement des jeunes fêtant le passage à la nouvelle année dans cette station de ski.
Interrogations sur les responsabilités
Le lendemain de la catastrophe, la municipalité avait reconnu qu'aucun contrôle de sécurité n'avait été effectué dans le bar depuis 2019, une obligation annuelle. Toutefois, Féraud a soutenu devant le tribunal n'avoir jamais été mis au courant de ces défaillances, prétendant avoir insuffisamment alerté ses services.
Christian Delaloye, l'avocat de Féraud, a nié toute intention malveillante lors de sa rencontre avec l'ancien conseiller. Selon ses termes, il ne s'agissait pas d'une tentative de dissimuler des faits ou d'altérer la vérité.
Pour Christophe de Galembert, avocat représentant les parties civiles, cette situation reflète une manipulation des faits pour préserver la position des personnes impliquées au sein de la commune. "Il y a un dévoiement de la vérité, tant pour la stratégie de défense que pour minimiser les responsabilités," a-t-il déclaré.
Ce point de vue est partagé par plusieurs personnes, car l'enquête continue d'alimenter la frustration parmi les familles touchées, qui demandent un traitement équitable et rapide des auditions. Cette audition du 15 avril marque la clôture d'une série d'interrogatoires qui se sont étendus dans le temps, suscitant des critiques sur la lenteur des procédures judiciaires.







