Des cicatrices encore vives, une décennie plus tard. Le 14 juillet 2016, petits et grands étaient réunis à Nice pour célébrer la fête nationale et admirer le feu d'artifice sur la Promenade des Anglais. Malgré un temps orageux, la foule était là, se remémorant les moments festifs passés sur ce site emblématique de la Côte d’Azur où habitants et touristes viennent se promener. Pour eux, tous les chemins mènent à la "Prom".
Alors que le soleil se retire lentement, les forces de l’ordre régulent le trafic sur la promenade et les enfants se pressent autour des stands de friandises, impatients d’admirer un spectacle pyrotechnique prometteur. Personne ne se doute qu'en quelques heures, l'endroit sera empreint d'horreur et de chaos.
Vers 21 heures - Une nuit de 14 juillet
Laurent Cuchet, délégué départemental UN1TÉ Alpes-Maritimes
Ce soir-là, je suis affecté à la sécurisation d'un feu d'artifice à Cannes, en tant que membre de la BAC, sans savoir qu'une tragédie se prépare à quelques kilomètres de là.
Marc Phalip, pompier volontaire hors service
J’ai passé l'après-midi en balade dans l'arrière-pays avec ma compagne. En prenant le chemin de Nice, nous nous garons et descendons vers la Promenade des Anglais pour profiter du feu d'artifice.
Lila*, victime de l'attentat
J’arrive avec mes filles, vêtues de robes pour l'occasion. Tout semble parfait alors que les rires des passants créent une ambiance joyeuse. Nous rejoignons notre famille et nous installons sur la plage, excités à l'idée de voir le feu d'artifice.
Hager Ben Aouissi, victime de l'attentat
C'est une première pour ma fille, d'assister à un feu d'artifice. Mon père, qui nous a précédés, nous garde une place sur la plage. Nous partageons des moments de joie simples.
Mais avant même que le feu d'artifice ne commence, les évènements prennent un tournant tragique.
Vers 22 heures - Un spectacle tragique
Lila, victime de l'attentat
Le spectacle commence, mais tout se transforme rapidement. Des coups de feu résonnent, et tandis que la foule est plongée dans le chaos, je reste paralysée avec ma fille dans la poussette.
Hager Ben Aouissi, victime de l'attentat
Tout à coup, je vois ce camion foncer vers nous. L’horreur s’empare de moi. À cet instant, je protège ma fille de mon corps, tout en réalisant l'imminence du danger.
22h34 - L'horreur s'installe
Marc Phalip, pompier volontaire
Je vois des gens courir dans tous les sens, le camion déferlant sur eux. Je fais tout pour aider, mais la situation est gravement désespérée. C’est une scène à laquelle personne ne peut se préparer.
Hager Ben Aouissi, victime
Dans la confusion, je perds le contact avec ma fille, tentant désespérément de la retrouver.
Laurent Cuchet, délégué UN1TÉ
Nous sommes en alerte. Il y a eu des rumeurs d'attaques armées. Nous devons nous préparer à toute éventualité. Chaque seconde compte.
Lila, victime de l'attentat
Les sirènes résonnent, le chaos est omniprésent. Je cours avec ma poussette, sans savoir où aller, les téléphones sont inaccessibles, et un sentiment d'abandon me prend.
À partir de 22h37 - Le chemin vers l'hôpital
Marc Phalip, pompier volontaire
Je porte secours à ceux que je peux, mais la détresse humaine est omniprésente. Les secours peinent à arriver.
Hager Ben Aouissi, victime
Je réalise alors que ma fille et moi sommes blessées. Les soins semblent lointains alors que nous atteignons enfin une clinique.
Le traumatisme des victimes
Laurent Cuchet, délégué UN1TÉ Alpes-Maritimes
Chaque retour à la normale s'accompagne de souvenirs douloureux. Nous avons tous besoin de temps pour surmonter cette tragédie.
Lila, victime de l'attentat
Cette expérience nous a marquées à vie. Les cicatrices émotionnelles ne guériront jamais complètement.
*Le prénom a été modifié.







