Face à l'augmentation des excès de vitesse sur les routes françaises, un lecteur d’Ouest-France suggère une mesure audacieuse : brider toutes les voitures à 140 km/h. Cette proposition soulève des questions sur la cohérence des politiques de sécurité routière, particulièrement depuis que les excès de vitesse de plus de 50 km/h sont désormais considérés comme des délits, entraînant des amendes lourdes et même des peines de prison.
Christian Lhommeau, de Vendée, interpelle ainsi les décideurs politiques sur le fait que, d'une part, on impose des sanctions sévères pour d'importants excès de vitesse, mais que, d'autre part, on permet la vente de voitures capables d'atteindre des vitesses de 300 km/h. En comparaison, les poids lourds sont bridés à 90 km/h depuis les années 2000, et certains experts estiment que la même logique devrait s'appliquer aux voitures légères.
Limiter la vitesse des véhicules à 140 km/h pourrait mécaniquement réduire le nombre de délits routiers, notamment sur des routes où les limitations sont à 90, 110 ou 130 km/h, ce qui serait sans doute plus efficace que d'autres mesures de sécurité, comme l'interdiction des feux clignotants pour les vélos, récemment mise en place.
En effet, des marques comme Volvo et Renault ont déjà pris des initiatives en limitant la vitesse de leurs véhicules à 180 km/h, une démarche qui vise à renforcer la sécurité routière. Toutefois, aucune marque n'ose encore établir un bridage à 130 km/h, probablement en raison des attentes des consommateurs et des marchés à l'étranger, comme en Allemagne où la vitesse est illimitée sur certaines autoroutes.
Malgré les critiques, la déléguée générale de l’association Prévention routière a souligné le caractère sociologique d'une telle mesure, arguant qu'elle pourrait transformer notre rapport à la vitesse, souvent perçue comme un symbole de statut. Il est indéniable que la vitesse est impliquée dans un tiers des accidents mortels en France, lesquelles nécessitent une réflexion sérieuse sur les réglementations en vigueur.
La question reste ouverte : la sécurité routière justifie-t-elle des mesures aussi radicales ? Ou les intérêts commerciaux et le lobby automobile vont-ils continuer à freiner des changements nécessaires ?







