Patrick Martin, le président du Medef, exprime de vives préoccupations quant aux "résultats catastrophiques" que pourrait engendrer la mise en place de règles visant à renforcer la transparence salariale. Il s'est récemment exprimé sur Franceinfo, arguant que ces mesures, bien qu'animées d'intentions louables, risquent de compliquer l'environnement économique français. "On investit moins, on embauche moins... C'est de la responsabilité de nos politiques", a-t-il déclaré.
"Ce truc est dingue. Animé par de bonnes intentions, mais avec des résultats catastrophiques"
Approuvée par l'Union européenne en avril 2023, cette directive impose aux entreprises de spécifier une fourchette de salaires dans leurs offres et permet aux salariés d'accéder aux niveaux de rémunération de leurs collègues dans des postes de valeur équivalente, afin de combler les écarts salariaux entre les sexes.
Malgré les objectifs d'égalité salariale, Martin souligne que cette directive pourrait décourager l'engagement des salariés, les rendant moins motivés à progresser. Selon lui, "c'est le summum de ce qu'on n'a jamais vu en termes de complexité", prévenant que les entreprises seront contraintes d'embaucher davantage de DRH.
D'autres experts partagent ses inquiétudes, notant que, malgré la bonne volonté du gouvernement, cette initiative pourrait exacerber les problématiques existantes plutôt que de les résoudre. En France, selon les données de l'Insee (2024), l'écart salarial moyen entre hommes et femmes atteindrait 21,8%. À temps de travail égal, cet écart reste de 14%.
Face à ces enjeux, les organisations patronales cherchent une renégociation de la directive au niveau national et européen, persuadées que d'autres solutions doivent être envisagées pour résoudre ces questions d'égalité salariale sans imposer une complexité supplémentaire aux entreprises.







