Vous détestez le fromage ? Une récente étude du CNRS vient d'expliquer ce phénomène.
Des chercheurs du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) de Lyon et de Paris ont fait la lumière sur l'aversion que ressent une partie des Français pour le fromage. Il semblerait que ce ne soit pas uniquement une question de goût, mais bien une réaction de leur système nerveux, lequel modifie le circuit de la récompense en une réaction de dégoût. Sur un total de 332 personnes sondées, 6 % se déclarent en effet allergiques au fromage, plaçant cet aliment en tête du classement des détestations, devant le poisson, la charcuterie et même certains légumes.
Ce que révèle l'étude
Parmi les 332 participants, un groupe de 15 amateurs et 15 détracteurs de fromage a été observé par des techniques d'imagerie par résonnance magnétique. Les chercheurs leur ont présenté des images et des arômes de différents fromages, tout en scrutant leurs réactions.
Le constat est saisissant : chez ceux qui n'apprécient pas des fromages comme le livarot ou le reblochon, le pallidum ventral (une région cérébrale activée en cas de faim) ne réagit pas. Tandis qu'elle s'active devant d'autres nourritures. De plus, les structures cérébrales liées au circuit de la récompense, telles que le globus pallidus et la substantia nigra, montrent une forte activité chez les personnes qui détestent le fromage.
Entretien avec Jean-Pierre Royet
Nous avons pris contact avec le docteur Jean-Pierre Royet, directeur de recherche au centre de neurosciences de Lyon et co-auteur de cette étude.
LeFigaro.fr/madame : Les réactions diffèrent-elles entre fromage cru et cuit ?
Jean-Pierre Royet : Généralement, ceux qui n'aiment pas le fromage évitent de les manger, sauf en plats cuits. Cela évoque une potentielle intolérance au lactose, mais il est important de noter que le lactose se retrouve principalement dans certains fromages frais ou à pâte molle, et pas dans les autres. Cela pourrait s'apparenter à une généralisation de l'aversion au fromage en raison de ce problème.
Peut-on en conclure que ce mécanisme nerveux s'applique à tous les aliments ?
Oui, il est probable que cette dynamique soit similaire pour d'autres aliments. Cependant, nous ne connaissons pas encore toutes les nuances au sein des différents groupes alimentaires.
Qu'advient-il lorsqu'une personne est confrontée à un aliment qu'elle adore ?
Des études ont suggéré que les systèmes de récompense du cerveau s'activent intensément quand une personne aime un aliment, tout comme des comportements addictifs liés à d'autres dépendances. La question de la manière dont ces structures interagissent entre elles demeure complexe à cerner.
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