Une récente étude met en lumière les risques que pose le futur système universel pour les femmes, alors que le colloque du Conseil d'orientation des retraites (COR) a récemment abordé cette problématique cruciale. Il est essentiel d'examiner deux aspects majeurs : l'âge de départ à la retraite et les disparités des niveaux de pension, toutes deux intimement liées aux inégalités salariales.
L'impact du salaire sur la retraite des femmes
Une étude très médiatisée, publiée fin novembre par l'Institut de la protection sociale, a affirmé que les femmes seraient défavorisées par la réforme des retraites. Toutefois, cette affirmation a été vigoureusement contestée par le gouvernement, le qualifiant de "démonstration imprécise". Lors du colloque, le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, a critiqué cette analyse, soulignant qu'elle omet les "questions d'indexation". Il a également rappelé que "les mécanismes de solidarité en place n'atténuent pas de manière adéquate les inégalités entre les sexes".
Les mères et la réforme : quelles conséquences ?
Le gouvernement a reconnu que la réforme pourrait légèrement désavantager les mères de familles nombreuses, mais a promis d'élargir la majoration de pension dès le premier enfant. Alors qu’actuellement, un enfant permet de bénéficier de huit trimestres dans le secteur privé, ce système sera modifié. Dans le futur régime par points, les mères ne disposeront plus de trimestres supplémentaires, mais de points durant leurs congés maternité ou parental. Cela pose un problème, car ces trimestres sont souvent essentiels pour accéder à une retraite à taux plein. Il est prévu que l'âge de départ sans décote soit fixé à 64 ans, malgré les inquiétudes soulevées.
Les inégalités salariales influent sur les pensions
Au-delà de l'âge de départ, la question des niveaux de pension reste préoccupante. En 2017, les femmes percevaient en moyenne 42 % de moins que les hommes en termes de pension brute. Un chiffre qui, bien que tendant à se réduire, demeure alarmant. Loin d'être le seul facteur, la rémunération est à l'origine de deux tiers des différences de pension entre les sexes. Les maternités jouent un rôle non négligeable : la réduction du temps de travail des femmes après un enfant entraîne une différence salariale qui persiste. Aujourd'hui, un tiers des femmes sont en emploi à temps partiel, et cette tendance ne faiblit pas. Les stéréotypes de genre, renforcés par cette dynamique, continuent d'affecter les salaires et, par conséquent, les pensions des femmes. La chercheuse Dominique Meurs souligne que cette situation pourrait coûter cher aux femmes, qui devraient vivre jusqu'à 116 ans pour espérer recevoir une pension équivalente à celle de leur compagnon sur l'ensemble de leur vie.







