Après un marathon de quatre jours de débats intenses, l'Assemblée nationale a finalement voté, dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 juillet, le second volet des mesures destinées à soutenir le pouvoir d'achat. La proposition de budget rectifié pour 2022 a obtenu 293 voix pour, 146 contre et 17 abstentions, avec un soutien notable des Républicains.
Un vote serré sur les mesures controversées
Les débats ont été souvent animés, illustrant les tensions au sein de l'hémicycle. Les députés du Rassemblement national ont choisi de ne pas prendre part au vote, manifestant ainsi leur mécontentement concernant le retrait d'une revalorisation de 500 millions d'euros pour les pensions de retraite, une mesure pourtant adoptée plus tôt dans la journée. Le gouvernement a présenté une demande de seconde délibération qui a provoqué des échanges particulièrement vifs entre Bruno Le Maire, ministre de l'économie, et les membres de la Nupes et du RN.
Taxe sur les superprofits: un enjeu rejeté
Ce dernier round de négociations a révélé les fractures au sein de l'Assemblée, alors que la gauche a tenté de faire passer une taxe sur les superprofits des grandes entreprises. Cette proposition a cependant été rejetée de peu. En parallèle, l'Assemblée a déjà approuvé, dans un premier temps, 20 milliards d'euros au titre d'une loi d'urgence pour faire face à la flambée des prix.
Réactions des oppositions et recours constitutionnel
Olivier Marleix, le chef des députés LR, a salué le "bras de fer positif avec le gouvernement", ayant permis d'instaurer diverses mesures sur le carburant et le rachat des RTT. De leur côté, les députés de gauche rejettent un texte qu'ils qualifient de "co-construit avec la droite", affirmant qu'il ignore les principes d'égalité et de justice sociale. Le groupe LFI a d'ores et déjà annoncé son intention de recourir au Conseil constitutionnel au sujet de la suppression de la redevance audiovisuelle.
À l'issue de cette session, l'Assemblée a alloué 120 millions d'euros aux départements gérant le RSA pour compenser une hausse prévue de 4 %. Cette décision a été le fruit d'une coalition inattendue entre la gauche, le RN, et les LR, marquant une première distinction parmi les alliés de la majorité.







