Des médecins Français ont récemment identifié des cas de transmission interhumaine de la dermatophilose, une pathologie cutanée habituellement réservée aux animaux. Ce phénomène illustre la connexion entre la santé humaine, animale et environnementale, souligne le Docteur Maxime Bonjour, médecin en santé publique au CHU de Lyon. Au 1er juin, une quarantaine de cas ont été recensés, principalement à Lyon.
La dermatophilose, causée par une bactérie, se manifeste par des pustules et des croûtes sur différentes parties du corps. Les premiers cas étudiés proviennent de patients qui suivaient un traitement préventif contre le VIH, mais qui n'avaient aucun contact connu avec des animaux. Ils avaient en revanche fréquenté des saunas où des rapports sexuels avaient eu lieu, un facteur aussi observé pour d'autres cas en Espagne. « C'est la première fois que nous observons une transmission interhumaine, » souligne le Dr Bonjour, également impliqué dans le Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) de Lyon.
La maladie a jusqu'alors été exceptionnellement causée chez certains professionnels comme les vétérinaires et les agriculteurs, avec à peine une douzaine d'articles scientifiques sur le sujet depuis 1974. Selon des experts, la transmission pourrait s'effectuer par contact étroit peau à peau, favorisé par des environnements chauds et humides (Emerging Infectious Diseases). Heureusement, cette maladie se traite facilement par antibiotiques et soins locaux, incitant les personnes présentant des symptômes à consulter un centre médical.
Cette découverte est considérée comme une nouvelle manifestation du concept de One Health, qui prône l'interconnexion entre les différentes facettes de la santé, comme le souligne le Docteur Bonjour. L'agence sanitaire de l'Union Européenne, l'ECDC, devrait bientôt publier un rapport sur cette maladie.







