Alors que la colère parmi les agriculteurs ne faiblit pas, le gouvernement tente de lancer une opération de désamorçage avec des promesses de réformes pour le mois de janvier. Dans une lettre ouverte, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s'engage à adopter une approche plus ferme envers l'Union européenne pour répondre aux priorités du secteur agricole.
À partir de lundi, le chef du gouvernement doit rencontrer les syndicats d'agriculteurs pour éviter un nouvel hiver de mécontentement. Les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale seront les premiers auditeurs, suivis par la puissant FNSEA et la Confédération paysanne. Chaque groupe attend des mesures concrètes face aux multiples crises affectant le secteur : épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, fluctuation des prix des céréales et montée de la concurrence internationale.
Dans le Sud-Ouest, la campagne de vaccination des bovins progresse, avec 74,7% des animaux déjà vaccinés. Néanmoins, des foyers de la maladie continuent d'apparaître, au grand désarroi des éleveurs. Les agriculteurs expriment leurs inquiétudes face à l'accroissement des importations de produits agricoles de pays comme l'Amérique latine, qui nuisent à leurs revenus.
Des promesses mais des doutes
La réponse du gouvernement, qui inclut la suspension de l'importation de certains produits agricoles sud-américains, a été perçue par certains comme insuffisante. La FNSEA note l'absence d'une vision claire et appelle à la mise en place d'une loi d'exception agricole. Ce sentiment de désillusion est partagé par plusieurs syndicats qui dénoncent le manque de soutien en matière de revenus agricoles.
Des voix s'élèvent pour appeler à de lourds changements dans la gestion de la crise. Des experts du secteur, comme Jean-Claude S., un vétérinaire, soutiennent que des actions seraient nécessaires pour assurer la viabilité des exploitations. "Il est crucial d'agir rapidement pour éviter un effondrement du secteur," affirme-t-il.
La montée des tensions est palpable, notamment chez les membres de la Coordination rurale, qui n'hésite pas à organiser des manifestations spectaculaires pour faire entendre leur voix. "Si les mesures ne suivent pas, nous pousserons notre mouvement à un niveau supérieur," avertit José Pérez, un responsable syndical.
En résumé, alors que le gouvernement promet des actions pour épauler les agriculteurs, la méfiance persiste parmi les syndicats, qui considèrent les annonces comme trop faibles pour régler les problèmes fondamentaux du secteur. La situation reste délicate et l'année s'annonce tendue pour le monde agricole.







