La France a convoqué son ambassadeur en Iran, dénonçant fermement la répression brutale et inhumaine à l'encontre des manifestants. Au cœur de cette agitation, des histoires de vies tragiquement fauchées. France 2 a retracé le parcours de ces Iraniens qui risquent tout pour exprimer leur désespoir.
Le sourire rayonnant de Rubina Aminian, jeune styliste de 23 ans, illustre la passion et l'espoir d'une génération. Installée à Téhéran pour ses études, elle a participé à une manifestation le 8 janvier. Tragiquement, elle a été abattue dans le dos alors qu'elle quittait les cours, comme l'ont rapporté ses amis présents sur les lieux. Son oncle, vivant à l'étranger, a partagé son indignation : "Je suis très en colère et triste, mais je me bats. Je pleurerai après la chute du tyran."
Après de nombreuses démarches, ses parents ont pu récupérer son corps, mais les autorités leur ont interdit une véritable cérémonie funéraire. "Nous n'avons pas pu organiser de cérémonie. Mes nouvelles de la famille là-bas sont inexistantes depuis quelques jours, et c'est très difficile", a-t-il confié. Ce silence impose un interdit sur la mémoire des victimes, car les autorités craignent qu’un rassemblement ne renforce un mouvement de résistance populaire.
La peur du régime face à l'unité du peuple
Le régime redoute particulièrement que des scènes d'obsèques ne se transforment en protestations. Récemment, lors des funérailles d'un manifestant blessé, Khodadad Shirvani, des images ont émergé montrant le passage à la violence d’une simple cérémonie. Une morgue de Téhéran est devenue un symbole, abritant désormais les corps des victimes de cette répression.
Les communications étant coupées en Iran, le message d'une manifestante d'Ispahan est parvenu au monde extérieur : "Nous souffrons, nous sommes épuisés. Ils ont tué des innocents. Faites entendre notre voix, nous ne pouvons plus tenir!" Le gouvernement américain a également mis en avant le cas d'Erfan Soltani, 26 ans, qui fait face à une condamnation à mort imminente, prévue pour le 14 janvier.
Ces événements tragiques mettent en lumière le climat d'oppression dans lequel vivent les Iraniens. Selon le doctorant en sociologie, Samira Alavi, "ce que nous voyons est non seulement une répression politique, mais une attaque contre l'identité et les aspirations d'un peuple en quête de changement." Ces voix de résistance, bien que réprimées, continuent de faire écho à travers le monde, appelant à la solidarité et à l'intervention internationale.







