Le tribunal correctionnel d'Angers a rendu sa décision ce mercredi 10 juin, sanctionnant Jean-Eudes Gannat pour provocation à la haine et injure publique.
En novembre 2025, Gannat avait publié une vidéo dans laquelle il ciblait cinq Afghans qu'il qualifiait de "cousins des talibans", soulignant qu'ils "traînaient" devant un supermarché. Ces propos, jugés outrageants par le tribunal, sont considérés comme une exhortation à la haine envers ces réfugiés qui ont quitté leur pays en quête de sécurité.
"Associer des individus d'origine afghane à une organisation terroriste comme les talibans constitue une atteinte inacceptable", a précisé le jugement du tribunal, renforçant l'idée que la liberté d'expression ne doit pas justifier la haine.
Un parcours politique controversé
Choisi en mars au conseil municipal de Segré-en-Anjou (Maine-et-Loire), Gannat est le co-fondateur du groupuscule d'ultradroite l'Alvarium, démantelé par le gouvernement en 2021 pour son discours de haine et ses incitations à la violence.
Peu après le verdict, Gannat a annoncé son intention de faire appel, arguant que la justice vise à "museler toute critique de l'immigration". "C'est un procès politique", a-t-il affirmé à l'AFP, rejetant les accusations et promettant de poursuivre ses activités militantes.
Lors de l'audience du 6 mai, le ministère public avait requis une peine encore plus sévère de quatre mois de prison avec sursis. En plus de sa peine, Gannat devra indemniser chaque Afghan porteur de plainte à hauteur de 500 euros, ainsi qu'un euro pour la Ligue des droits de l'Homme et 500 euros pour SOS Racisme.







