Ce jeudi 2 avril, le tribunal de Bourgoin-Jallieu a décidé de relaxer deux individus de 39 et 46 ans, originaires de la Sarthe et du Maine-et-Loire, au bénéfice du doute. Ils faisaient face à des accusations de vols, principalement d'argent et de bijoux, commis à l'encontre de personnes âgées très vulnérables, âgées de 80 à 96 ans.
Les suspects avaient été interpellés à la fin de mars, après des vols survenus à Aoste et à La Bâtie-Montgascon en Nord Isère, ainsi qu'à Montbard et Venarey-lès-Laumes en Côte-d'Or, aux dates du 17 et 28 octobre. Malgré les accusations, les deux hommes ont constamment nié leur implication. L'un d'eux a même déclaré lors de l'audience : "Je n'ai jamais vu ce monsieur", en pointant son co-prévenu.
La justice suspecte les deux acolytes d'avoir dérobé ensemble plus de 5.600 euros, ainsi que des bijoux de valeur, en utilisant une méthode similaire. Ils se présentaient chez les victimes sous de faux prétextes, se faisant passer pour des policiers, pompiers ou agents de services publics. Pendant qu'un se chargeait de distraire les personnes âgées, l'autre fouillait les lieux à la recherche de biens précieuses. Toutefois, les prévenus ont vigoureusement rejeté ces accusations.
Un dossier accusatoire jugé fragile
En effet, les éléments de l'enquête semblent peu convaincants. La voiture de l'un des prévenus a été aperçue aux alentours du lieu de l'un des vols, mais l'attribution à un véhicule spécifique s'avère incertaine. Des caméras de surveillance n'ont pas pu fournir de preuves concluantes. La présidente du tribunal a questionné cette probabilité en affirmant : "Est-ce le hasard si à chaque vol, la voiture de votre compagne a été aperçue dans des communes du secteur?" L'un des prévenus a défendu que, étant des gens du voyage, il était logique qu'ils aient circulé dans la région. L’autre, cependant, a soutenu avoir toujours résidé à Angers, comme l’a confirmé la localisation de son téléphone portable.
Le procureur a qualifié ces vols de "désagréables" pour les victimes, tout en tentant de lier les prévenus aux faits par la présence de leur véhicule. Il a annoncé des réquisitions de peine de 12 à 18 mois de prison avec sursis probatoire. Cependant, l'avocat des prévenus, maître Gautier Abram, a exprimé son indignation face à ce qu'il considère comme un "dossier vide" et a plaidé pour la relaxe, ajoutant "On vous demande de jouer aux devinettes" aux membres du tribunal.
Finalement, malgré un passé judiciaire chargé pour les deux hommes, qui avaient déjà été condamnés pour des faits similaires, ils ont quitté le tribunal libres et sans poursuites.







