La tension s'est intensifiée entre les États-Unis et le Venezuela, avec des frappes militaires récentes marquant un tournant dans la crise. Le 3 janvier, Donald Trump a annoncé la "capture" de Nicolas Maduro, déclarant qu'il visait à contrôler le riche sous-sol pétrolier du pays sud-américain.
Le Venezuela, possédant environ 20% des réserves mondiales de pétrole, a vu ses ressources stratégiques ciblées par les États-Unis, qui accusent Maduro d'utiliser le pétrole pour alimenter des réseaux de trafic de drogue. "Ils nous ont pris tout notre pétrole il n'y a pas si longtemps", a déclaré Trump, faisant référence à l'exploitation intensive des ressources vénézuéliennes par les entreprises américaines jusqu'à la nationalisation en 1976.
Actuellement, seule Chevron est autorisée à traiter le pétrole vénézuélien aux États-Unis, suite à l'embargo imposé par Trump en 2019, qui a réduit les revenus de Caracas à 96% dépendants du secteur pétrolier. En 2008, la production quotidienne atteignait 3,5 millions de barils, tandis qu'elle est tombée à moins d'un million, soulignant l'impact des sanctions américaines sur l'économie.
Juan Szabo, ancien vice-président de la PDVSA, a déclaré que les exportations pourraient chuter de 45% dans les mois à venir. "Ce qui s'annonce est une grave récession, aggravée par une hyperinflation dépassant 500%", a-t-il averti.
Le Venezuela se voit maintenant contraint de vendre son pétrole sur un marché noir, souvent à des prix inférieurs, avec une partie des livraisons se dirigeant vers la Chine. L'administration Biden a récemment instauré un "blocus total" contre les tankers liés à Caracas, renforçant encore les mesures pour affaiblir le gouvernement de Maduro.
Les économistes s'inquiètent des conséquences dramatiques pour la population, alors que les pénuries alimentaires et les hausses de prix se multiplient. Les conséquences de cette crise s'étendront bien au-delà des frontières vénézuéliennes, rappelle Patricia González, analyste politique, qui prédit des répercussions sur l'ensemble de la région. Cette lutte pour le contrôle des richesses naturelles s'annonce comme l'un des enjeux géopolitiques majeurs du XXIe siècle.







