À partir du 1er juillet, l'industrie des cryptomonnaies en Europe s'apprête à connaître un tournant décisif. Les entreprises qui n'auront pas obtenu l'agrément Mica (Règlement sur les marchés des cryptomonnaies) ne seront plus autorisées à exercer. En France, moins de 20 des 120 prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) ont reçu cet agrément, laissant de nombreux utilisateurs dans l'incertitude.
Pour ceux qui détiennent des cryptos chez des acteurs non agréés, plusieurs options s'offrent à eux. Selon Anne-Raoul Tardieu, juriste chez Banque Delubac & Cie, qui a reçu l'agrément Mica en 2025, les clients peuvent choisir de rester avec leur prestataire actuel ou bien envisager un transfert vers une autre plateforme régulée. "Il est crucial de ne pas attendre la dernière minute pour prendre des mesures", souligne Tardieu, faisant référence aux processus de vérification d'identité qui peuvent être longs.
Anticiper les mouvements
Si un client préfère attendre une proposition de sa plateforme, celle-ci est dans l'obligation de restituer intégralement les actifs conservés. Edouard Belliard, directeur du développement des crypto-actifs chez Banque Delubac & Cie, précise cependant que "si un acteur ne reçoit pas d'agrément, il ne fermera pas instantanément. Ils devront gérer la relocation de leurs clients, que ce soit vers des options de self-custody ou en les transférant sur d'autres bourses".
Transférer des actifs numériques peut néanmoins être complexe, notamment en ce qui concerne la provenance des crypto-actifs. "Le client pourrait être amené à céder des actifs qu'il n'avait pas l'intention de vendre", avertit Belliard.
Rester vigilant face à la panique
Avec l'échéance qui approche, la prudence est de mise. "Il est essentiel de ne pas céder à la panique en se tournant vers des plateformes trompeuses se présentant comme régulées par Mica", met en garde Tardieu. Belliard ajoute que la fin de la période transitoire pourrait créer des opportunités pour des arnaques ciblant des clients vulnérables.
L'Autorité des marchés financiers (AMF) maintient une liste des acteurs agréés, permettant aux utilisateurs de vérifier la légitimité de leur plateforme. Alors que l'échéance du 1er juillet approche, Tardieu estime qu'une trentaine d'acteurs pourraient obtenir l'agrément, mais souligne que le manque de fonds propres est un facteur majeur de non-conformité.
Les démarches vers des consolidations sont déjà en cours. Certains acteurs pourraient externaliser leurs opérations à d'autres entreprises ayant reçu l'agrément Mica pour se concentrer sur les services où les exigences sont moindres. Parallèlement, des entreprises migrent vers des juridictions plus favorables, comme le Luxembourg, pour poursuivre leurs activités.
Les investisseurs, quant à eux, doivent rester vigilants et s'informer avant de prendre des décisions qui pourraient compromettre la sécurité de leurs actifs numériques.







