Lors d'une visite récente en Corée du Sud, Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, a plaidé pour le développement d'accords d'approvisionnement énergétique bilatéraux en réponse aux tensions exacerbées par la guerre au Moyen-Orient. Après une rencontre avec le président Lee Jae-myung, elle a souligné l'importance de travailler ensemble sur la consolidation des stocks de pétrole dans un contexte où la paralysie du détroit d'Ormuz impacte lourdement l'approvisionnement. En effet, 90% du brut japonais et 70% du brut sud-coréen transitent habituellement par cette voie maritime critique, actuellement en difficulté.
Takaichi a évoqué la nécessité d'améliorer la sécurité énergétique, en insistant sur des opérations d'échange impliquant non seulement le pétrole brut, mais aussi les produits pétroliers et le gaz naturel liquéfié (GNL). Cependant, elle n'a pas livré de détails concernant la nature exacte de ces accords. Selon des analyses, ces deux nations, disposant de mélanges énergétiques similaires, doivent renforcer leurs réserves stratégiques, surtout depuis mars, où elles ont été contraintes de puiser dans celles-ci.
Des pénuries concernant certains dérivés, tels que le naphta, sont également redoutées. La situation a particulièrement inquiété les Japonais lorsque Calbee, une grande entreprise de snacks, a annoncé que ses emballages seraient désormais en noir et blanc à cause d'une pénurie d'encre, dont la fabrication dépend directement du naphta.
Coopération dans les terres rares
Les deux dirigeants ont également convenu d'intensifier leur collaboration dans le domaine des minéraux critiques, notamment les terres rares, où la Chine détient un quasi-monopole. Takaichi a fait un geste symbolique en visitant Andong, la ville natale de Lee, un retour d'honneur après sa propre invitation faite à Lee dans sa préfecture natale de Nara en janvier.
Partenaires des États-Unis, le Japon et la Corée du Sud sont confrontés à des défis communs tels que les ambitions nucléaires de la Corée du Nord et la montée en puissance de la Chine. Malgré les cicatrices laissées par l'occupation japonaise de la péninsule coréenne entre 1910 et 1945, les deux pays affichent une volonté d'instaurer un dialogue et une coopération renforcés.
Lors d'une rencontre précédente, Takaichi et Lee avaient même partagé un moment léger autour de la K-pop, jouant à la batterie sur deux morceaux, illustrant leur cordialité. "Il n'y a pas de décalage horaire entre nous. Nous avons convenu de rester en contact étroit si l'un de nous rencontrait des difficultés", a plaisanté Takaichi, invitant même Lee à visiter un onsen lors de son prochain voyage au Japon.







