Les réseaux sociaux sont devenus un terrain de jeu pour les cybercriminels, qui profitent de la crédibilité apparente de faux comptes pour mettre en œuvre des opérations malveillantes. Parmi ces pratiques, le e-whoring se distingue par l'utilisation de faux profils féminins sur des sites de rencontres et des plateformes de discussion, dans le but d'attirer les utilisateurs et de les inciter à payer pour des contenus intimes.
Le fonctionnement de l'e-whoring
Dans le cadre de l'e-whoring, les escrocs créent des comptes avec de fausses identités et des photos volées. Leur objectif ? Monétiser leurs interactions en vendant des services comme des photos, des vidéos ou même des rencontres physiques. Les paiements s'effectuent généralement via des plateformes comme PayPal, mais les victimes se retrouvent souvent avec des promesses non tenues, leurs paiements disparaissant sans retour. Pour tromper leurs cibles, des chatbots sont parfois utilisés afin de simuler des conversations réalistes.
Ces arnaques peuvent coûter cher aux victimes, avec des tarifs allant de 50 euros à plus de 1 000 euros pour l'accès à des contenus prétendument exclusifs sur des applications comme Snapchat ou Telegram. Pourtant, les services promis ne sont jamais réellement fournis.
Comment réagir face à l'e-whoring ?
Il est crucial que les victimes d'e-whoring signalent toute activité suspecte sur les réseaux sociaux ainsi qu'aux autorités. En France, l'escroquerie est passible de cinq ans de prison et d'une amende pouvant atteindre 375 000 euros, selon l'article 313-1 du Code pénal. Le gouvernement a mis en place des services d'assistance pour accompagner les victimes, accessibles à travers le site de cybermalveillance.
Pour signaler ces incidents, le ministère de l'Intérieur propose la plateforme Pharos, facilitant le signalement de contenus illicites. De plus, les victimes doivent envisager de porter plainte auprès des gendarmeries ou commissariats, que ce soit en personne ou via la plateforme THESEE pour les e-escroqueries.
Les implications légales du e-whoring
Selon Murielle Cahen, avocate spécialisée en droit des technologies, acheter un contenu intimement volé constitue un délit. Ce comportement est considéré comme du recel, impliquant des conséquences juridiques sévères, surtout si les victimes sont mineures. Les peines encourues, tant pour la vente que pour l'achat de ce type de contenu, peuvent aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et une amende de 375 000 euros.







