Les machines à expresso se sont largement démocratisées, s'invitant dans un foyer sur deux en France. Parmi ces dispositifs, celles utilisant des capsules attirent particulièrement l'attention. Mais ces breuvages tant appréciés sont-ils sans risque pour la santé ? Faisons le point.
Les capsules en aluminium et leurs implications
Les capsules en aluminium, spécialement conçues pour préserver la saveur du café, sont au cœur des interrogations. Existe-t-il un risque de contamination du café à travers leur contenant ? En 2013, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a analysé le contenu de capsules de dix marques pour évaluer les niveaux de différents contaminants chimiques tels que l'aluminium, le cobalt, et l'acrylamide. Les résultats ont révélé que ces cafés avaient des niveaux, en moyenne, légèrement plus élevés pour certaines substances (sauf pour l'aluminium), mais similaires à ceux du café filtre. Selon l'Anses, ces variations ne compromettent pas la sécurité des consommateurs.
Pour donner un exemple concret, la consommation de quatre expressos par jour pourrait exposer un individu à seulement 0,3 % de la dose hebdomadaire recommandée en aluminium, ce qui semble peu préoccupant.
L'effet cocktail et les risques potentiels
Malgré ces résultats encourageants, une question demeure : qu'en est-il de l'effet cocktail ? Les capsules ne sont qu'une source parmi d'autres d'exposition à des substances nocives. L'aluminium, présent naturellement dans divers aliments comme le thé et le cacao, et à travers de nombreux additifs alimentaires, peut s'accumuler dans le corps. Le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste, précise que près de 40 % de l'aluminium ingéré se concentre dans la muqueuse intestinale, altérant potentiellement celle-ci et déséquilibrant le microbiote.
Concernant l'acrylamide, classé comme cancérogène probable, sa présence dans le café est à surveiller, surtout lorsqu'elle s'ajoute à d'autres aliments tels que les frites ou les biscuits.
Le cas du furane et la caféine
Le furane, substance jugée potentiellement cancérogène, est également présent dans le café torréfié. Notamment, un café en capsule pourrait contenir deux fois plus de furane qu'un café filtre, aggravant l'exposition générale à cette substance. Bien que ces niveaux ne dépassent pas les limites établies, l'effet cumulatif doit être pris en compte, car le café n'est pas la seule source de furane dans notre alimentation.
La teneur en caféine du café en capsule, généralement plus élevée que celle du café filtre, représente un autre enjeu. Une consommation excessive pourrait entraîner des problèmes de santé tels que l'hypertension ou des troubles du sommeil. Il est essentiel de modérer la consommation afin de ne pas épuiser l'organisme, avertit le Dr Chevallier.
Enfin, en matière économique et écologique, le coût des capsules est également à considérer, pouvant atteindre jusqu'à 50 € le kilo, et leur impact environnemental est alarmant. L'Agence de l'environnement pointe que, pour un poids identique, une dosette en aluminium génère dix fois plus de déchets qu’un paquet de café traditionnel.
Pour limiter son impact, le consommateur peut explorer des options plus respectueuses, telles que des capsules biodégradables ou réutilisables.
Notre expert : Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste.







