Une étude récente soulève des inquiétudes quant à l'impact du futur système universel de retraites sur les femmes. Lors d'un colloque organisé par le Conseil d'orientation des retraites (COR), des experts ont discuté de deux points cruciaux : l'âge de départ à la retraite et les inégalités salariales qui influencent le niveau des pensions.
Les femmes et la question salariale
À la fin de l'année précédente, l'Institut de la protection sociale, connu pour son opposition à la réforme en cours, a affirmé que celle-ci désavantageait les femmes. L'exécutif a rejeté cette hypothèse, la qualifiant de "démonstration imprécise". Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme, a défendu l'idée que l'étude omettait des éléments essentiels concernant l'indexation des droits de retraite et les mécanismes de solidarité.
Les mères de famille : un désavantage potentiel
Le gouvernement a reconnu que les mères de plus de trois enfants pourraient être légèrement désavantagées. En réponse, la réforme propose une majoration de pension dès le premier enfant, fixée à 5 %, à partager entre les deux parents, mais revenant souvent à la mère. Cependant, l'Institut de la protection sociale alerte : même les mères d'un enfant unique pourraient faire face à des restrictions, surtout avec la suppression de la majoration de la durée d'assurance. Actuellement, avoir un enfant permet de bénéficier de trimestres supplémentaires, une mesure qui disparaîtra dans le nouveau système de points. Au lieu de cela, les femmes accumuleront des points durant leur congé de maternité, mais cela ne leur permettra pas de partir plus tôt à la retraite. Jean-Paul Delevoye a évoqué la possibilité de modifier l'âge limite pour éviter une décote, tout en rappelant que plus de 20% des femmes attendent l'âge de 67 ans pour partir sans pénalisation.
Les disparités entre les pensions
Un autre sujet de préoccupation reste le niveau des pensions. En 2017, les statistiques indiquaient que les femmes touchaient 42 % de pension en moins que les hommes, avec une moyenne mensuelle de 1 123 € contre 1 933 € pour les hommes. Deux tiers de ces disparités sont attribuables à des différences de rémunération, un constat soutenu par Frédérique Nortier-Ribordy du COR. Malgré un lent progrès vers la parité salariale, un écart salarial persiste, aggravé par les maternités. Les femmes connaissent une chute de revenu qui peut s'étendre jusqu'à dix ans après la naissance de leur premier enfant, souvent due à des choix de travail à temps partiel. Près d'un tiers des femmes sont en temps partiel, tandis que l'activité des hommes augmente après l'arrivée d'enfants, favorisant un cercle vicieux qui renforce les stéréotypes de genre et agit sur les salaires. Selon l'économiste Frédérique Nortier-Ribordy, une femme devrait vivre jusqu'à 116 ans pour espérer un revenu équivalent à celui de son mari sur l'ensemble de sa vie.







