Mis en lumière pendant le confinement, le paiement sans contact est le grand vainqueur du déconfinement. Cependant, la circulation des espèces demeure importante. La pandémie va-t-elle avoir raison du cash ?
Durant la crise sanitaire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a encouragé l'utilisation des paiements sans contact, citant des raisons d'hygiène. Depuis la fin du confinement, les retraits aux distributeurs ont connu un rebond, remonte vers les niveaux d'avant la pandémie, comme l'indique Julien Lasalle, responsable de la surveillance des moyens de paiement scripts à la Banque de France.
Cependant, l'usage des espèces est également en reprise. « Bien qu'encore en dessous des niveaux d'avant la crise, nous assistons à une remontée lente », note Christophe Baud-Berthier, directeur des activités fiduciaires à la Banque de France.
Un bond impressionnant de 120%
« Le vrai gagnant du déconfinement est sans aucun doute le sans-contact », déclare Julien Lasalle. La hausse du plafond de 30 à 50€ le 11 mai a grandement contribué à ce succès. En à peine un mois, plus d'un tiers des paiements de proximité entre 30 et 50€ ont été effectués sans contact. Entre juillet 2019 et 2020, la valeur des paiements sans contact a doublé, affichant une augmentation de 120 %, tandis que le nombre de transactions a crû de 60 %. À présent, 90 % des utilisateurs de cartes bancaires ont accès à cette méthode de paiement. Bien qu'elle soit techniquement disponible depuis 2010, son adoption a mis du temps à se faire.
Vers une société sans espèces ?
« Cela reste un mythe », répond Christophe Baud-Berthier. Bien qu'il y ait une diminution de l'utilisation d'espèces, celles-ci ne disparaîtront pas. Il précise que le paiement moyen en espèces se situe autour de 8 €. La hausse du plafond du paiement sans contact n'affecte pas le montant des transactions cash, mais réduit plutôt la part des paiements qui étaient auparavant réglés par carte.
Parallèlement, Marc Schwartz, PDG de la Monnaie de Paris, souligne que « la quantité d'espèces en circulation n'a jamais été aussi élevée. » Les billets servent aussi d'épargne et de valeur refuge, en particulier en période de crise, semblable à l'or. Il met également en avant la situation en Suède, où une législation impose aux banques d'assurer un approvisionnement suffisant en espèces pour éviter l'exclusion des personnes non capables d'accéder aux paiements numériques. « Le choix est crucial pour la confiance envers une monnaie », conclut-il.







