Mollusque de la côte pacifique canadienne, le panope ou palourde royale rend fous les Asiatiques, mais reste boudée par les Occidentaux. Zoom sur un animal pour le moins étrange.
Une palourde pas comme les autres
Que vous soyez néophyte ou passionné par les curiosités maritimes, le panope, également connu sous le nom de palourde royale, saura vous surprendre. Ce mollusque se trouve exclusivement sur les côtes pacifiques, du Canada aux États-Unis. En Asie, chefs et gourmets s'arra-chent ce délice, atteignant des prix avoisinant 40 € le kilo. Son goût iodé rappelle celui de l'huître, mais ce qui le rend véritablement captivant, c'est son histoire et ses caractéristiques uniques.
Une longévité exceptionnelle
Le panope détient une espérance de vie remarquable, pouvant dépasser 150 ans, l'une des plus élevées dans le règne animal. Cette longévité est due à son mode de vie sédentaire et à son manque de prédateurs, si ce n'est quelques loutres de mer et étoiles de mer qui osent l'approcher.
Une capture délicate
Pour récolter cet inverte-bré, il faut au minimum deux plongeurs munis de combinaisons épaisses et lestés de poids, plongeant parfois jusqu'à 20 mètres. Le poids du panope, qui peut atteindre 7 kilos, complique également la tâche. Toutefois, depuis les années 1970, des fermes aquacoles ont émergé, notamment autour de Seattle, facilitant l'approvisionnement de ce crustacé.
Une forme plutôt (très) suggestive
Doté d'un siphon atteignant 20 centimètres de long et pouvant atteindre un mètre, le panope arbore une forme peu commune, souvent jugée suggestive. Dans certaines cultures, il est considéré comme aphrodisiaque, bien que sa structure unique lui serve principalement à sédimenter et extraire les nutriments du sol marin.
Où mange-t-on le panope ?
À l'international, la réputation du panope demeure modeste, en grande partie à cause de son apparence atypique. En Asie, cependant, il est très prisé, avec environ 80 % de la récolte exportée vers des pays comme la Chine. À Hong Kong, Pékin et Tokyo, il est souvent préparé grillé en brochette ou en sashimi, accompagné de wasabi et de sauce soja, séduisant ainsi les gastronomes fortunés.
En Europe, les restaurateurs hésitent à l'intégrer à leur menu. Seul René Redzepi du célèbre Noma au Danemark a exprimé son intérêt sur les réseaux sociaux, tandis que le marché de Rungis à Paris n’a pas encore vu de panope sur ses étals. Les gourmets se posent alors la question : où pouvons-nous déguster ce mollusque fascinant en France ?







