À compter du 1er novembre 2018, les pensions complémentaires des anciens salariés et cadres du secteur privé seront revalorisées, une première depuis cinq ans.
Toutefois, cette augmentation pourrait s'apparenter à un trompe-l'œil. En effet, avec une hausse fixée à seulement 0,6 %, bien en deçà de l'inflation prévue de 1,6 % sur l'année, les retraités pourraient ne pas voir leur pouvoir d'achat véritablement renforcé. Le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco a officialisé cette revalorisation le 11 octobre dernier.
Les raisons d'une hausse limitée
Cette revalorisation timide s'inscrit dans le cadre d'un accord signé en octobre 2015. Ce dernier, destiné à redresser les finances de l'Agirc-Arrco, a engendré divers mesures restrictives. Parmi celles-ci figurent le report de la revalorisation des pensions et une sous-indexation de 1 point par rapport à l'inflation, toujours sur trois ans. Les années 2016 et 2017 ont été marquées par une absence de hausse, la hausse des prix étant inférieure à 1 %. Aujourd'hui, avec l'inflation qui augmente, les retraités constatent un décalage notable entre leurs pensions et la réalité économique.
Impact sur le pouvoir d'achat des retraités
Les retraites complémentaires représentent entre 25 et 33 % de la pension totale pour les non-cadres, tandis qu'elles atteignent près de 60 % pour les cadres cotisant à l'Agirc. Par exemple, pour une pension complémentaire de 600 €, une augmentation de 0,6 % ne se traduit que par une élévation de 3,6 € par mois, tandis qu'une pension de 1600 € ne rapportera que 9,6 € supplémentaires. Ces augmentations modestes coïncident également avec une prévision de hausse des pensions de base limitée à 0,3 % pour les années 2019-2020.
Éléments à surveiller sur les retraites
1) À partir du 1er janvier 2019, les nouveaux retraités nés après 1957 pourraient faire face à un abattement de 10 % sur leurs pensions pendant trois ans, en raison de l'accord de 2015.
2) La fusion des caisses de retraite complémentaires Agirc et Arrco est prévue pour janvier 2019, marquant une nouvelle ère où tous les cotisants, cadres et non-cadres, seront regroupés sous une seule entité. Cela implique des adaptations aux règles et une continuité des droits acquis pour chacun.







