Le sujet de l'inclusion des couples pacsés dans le système de pension de réversion est à nouveau sur la table. Analyser ce dossier complexe pourrait s'avérer décisif, car le Conseil d'orientation sur les retraites (COR) a été chargé de réfléchir à cette question et de proposer des solutions d'ici fin 2024.
Comprendre la pension de réversion
La pension de réversion permet au conjoint survivant de bénéficier partiellement de la pension de retraite de son partenaire décédé. Les conditions d'éligibilité varient selon les différents régimes de retraite, mais une règle reste universelle : le lien marital est requis, souvent accompagné d'une durée minimale de mariage. Actuellement, ce dispositif touche environ 4,4 millions de personnes, soit un retraité sur quatre, et concerne en majorité des femmes.
Le gouvernement a donc confié au COR le soin d'étudier les modalités de révision du système de pensions de réversion. Un premier document de travail, publié en février, évoque des pistes potentiellement reformulatrices.
Une harmonisation des conditions d'accès en vue?
Le rapport aborde quatre critères essentiels influençant la pension de réversion : l'âge minimum requis, les conditions de ressources, le statut marital et le taux de réversion. L'idée d'harmoniser ces critères pourrait s'imposer, bien que les détails restent à préciser. Ainsi, dans le cadre des régimes spéciaux, la pension de réversion atteint 50 % tandis qu'elle s'élève à 60 % pour les régimes de base des salariés.
Actuellement, un minimum d'âge de 55 ans est nécessaire au régime général pour bénéficier de la réversion, une condition qui n'existe pas pour les fonctionnaires. Une harmonisation des âges serait donc bénéfique pour garantir une équité.
Pension de réversion pour couples pacsés et concubins ?
La question d'étendre les droits à la pension de réversion aux couples pacsés est particulièrement pressante. Avec une évolution sociétale marquée par un accroissement des unions pacsées, il devient essentiel d'offrir les mêmes droits, malgré des situations de vie similaires, qui entraînent des inégalités de droits de réversion. Les rédacteurs du rapport appellent à une meilleure sensibilisation sur ce sujet.
A noter que plusieurs pays, tels que le Canada et les Pays-Bas, permettent aux concubins de bénéficier de cette pension, sous certaines conditions de durée de relation. Toutefois, introduire ces changements devrait être accompagné d'une réflexion sur l'équité des droits, de peur que cet élargissement n'entraîne des pertes de droits.
Révisions et nouvelles pistes pour le futur
Le document émet également l’idée de recalculer la pension de réversion en fonction des années de mariage effectives, au lieu de simplement la diviser entre plusieurs conjoints. Ce changement pourrait aboutir à plus d’équité pour tous les bénéficiaires.
En outre, le rapport explore l'idée de revoir le mode de calcul de la pension de réversion. Un modèle proposé impliquerait que la pension représente les deux tiers de la retraite décédée, déduisant un tiers des revenus du conjoint survivant afin de maintenir l'équilibre au niveau de vie des survivants, surtout ceux à faible revenu.
Enfin, le rapport évoque la possibilité d’introduire une cotisation spécifique pour les couples mariés, entraînant des ajustements dans les cotisations pour aligner les droits de réversion avec le statut marital.







