À l’Assemblée nationale,
L’affaire Lyhanna a dominé les débats politiques, ce mardi, à l’Assemblée. Mathilde Panot a ouvert les hostilités, mettant en lumière la responsabilité du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, en déclarant qu'il était indécent pour un ministre en place depuis neuf ans de se décharger de toute responsabilité. Elle a souligné que la responsabilité politique incombe à Darmanin ainsi qu'à ses prédécesseurs et à la politique d’Emmanuel Macron.
Depuis quelques jours, Darmanin s'efforce de répondre aux critiques concernant les « dysfonctionnements » qui ont conduit à la mort tragique de la jeune collégienne de 11 ans dans le Gers. Il a promis que des sanctions seraient imposées après des « défaillances extrêmement graves » lors de l’enquête. Cependant, ces annonces n'ont pas suffi à calmer les tensions, tant dans le pays qu'au Palais-Bourbon. Après une minute de silence, les oppositions ont repris la parole pour pousser davantage leur avantage.
« Vous lancez une enquête sur les responsabilités qui ont conduit au drame, craignez-vous qu’elles remontent jusqu’à vous, Monsieur Darmanin ? » a interpellé Gabrielle Cathala, députée LFI du Val-d’Oise. En réponse, Darmanin a reconnu que l'institution judiciaire devait présenter des excuses, tout en soulignant que les discours politiques ne pourraient pas remplacer des actions concrètes pour protéger les enfants.
Appels à la démission
De nombreux parlementaires demandent que soit inscrit à l’ordre du jour une proposition de loi visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Gérald Darmanin s’est opposé à une telle démarche, affirmant que ces lois, sans moyens financiers supplémentaires, n'apporteraient pas de solutions pertinentes. « Avant même que l'enquête administrative n’aboutisse, le gouvernement semble balayer la question des moyens juridiques », a reproché David Taupiac, député Liot du Gers.
L’assemblée a été bombardée de questions sur l’affaire Lyhanna, et ce sont souvent les voix de l’opposition qui se sont élevées. Un député insoumis a même suggéré que Darmanin devrait démissionner pour assumer ses responsabilités. En réponse, le ministre a insisté sur le fait qu'abandonner son poste en pleine tempête serait une décision inappropriée, rappelant qu'il était essentiel de maintenir la confiance dans la justice.
Alors que l'émotion populaire demeure forte, le ministre semble déterminé à assumer son rôle, malgré des critiques persistantes sur la gestion de cette affaire tragique. L'écho des événements passés pourrait bien résonner dans les mois à venir, alors que les regards restent tournés vers l'Assemblée et son ministre de la Justice.
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