Lors d'une récente séance de questions au gouvernement, la gauche a exprimé sa préoccupation concernant la responsabilité politique du gouvernement dans le fiasco judiciaire entourant l'affaire de la jeune Lyhanna. De nombreux appels à l'action ont été ignorés par l'exécutif, qui semble aux abois face aux critiques.
En effet, il est inhabituel qu'un gouvernement de droite se retrouve dans une position aussi délicate sur une question touchant à la sécurité publique. Lors de cette séance, les déclarations de Gérald Darmanin, Aurore Bergé et Sébastien Lecornu ont révélé une prudence inhabituelle, souvent observée dans des contextes liés au narcotrafic ou à l'immigration. Ils sont restés sur la défensive, face aux questions incisives des députés, comme le souligne l'journal L'Humanité.
Des membres de la France insoumise, ainsi que le groupe GDR, ont souligné l'échec d'un système judiciaire qu'ils considèrent comme défaillant. "C'est tout un système qui a failli. Un système dont vous êtes le principal moteur", a dénoncé Karine Lebon, députée réunionnaise, après avoir insisté sur la responsabilité politique du ministre de l'Intérieur. En réponse, Darmanin a semblé confondre critiques politiques et attaques personnelles, déclarant : "Vous ne connaissez rien de mon histoire personnelle !".
Les élus de la gauche ont également mis l'accent sur la nécessité de moyens supplémentaires pour la justice, demandant pas moins de 3 milliards d'euros. Marie-Charlotte Garin a accusé l'exécutif de mentir lorsqu'il ignore les exigences de budget et d'action concrète. "C'est pas bien de mentir", a-t-elle affirmé, en révélant l'impuissance du gouvernement face à l'urgence des situations de violences sexistes et sexuelles.
Des réponses émotionnelles ou droitières
Face à ces critiques, Aurore Bergé a choisi un discours émotionnel, reconnaissant que la colère des députés était légitime. Mais, malgré ses tentatives de faire passer des mesures plus à droite, l'intervention du gouvernement a été jugée insuffisante et peu convaincante, notamment par Céline Thiébault-Martinez, députée PS.
Les mesures proposées par le gouvernement, telles que l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, sont contestées par la gauche. L'Humanité confirme que ces propositions ne répondent pas aux attentes de la majorité des élus.
Lorsque Sébastien Lecornu a mentionné ces mesures en réponse aux critiques, des murmures de désapprobation parmi les députés de gauche ont retenti. "Mais ça ne sert à rien !" s'est exclamée Garin, tandis que le Premier ministre se montrait visiblement agacé par ses interlocuteurs.
Au fond, le gouvernement semble récupérer un texte avec peu de conviction. Lecornu a même reconnu que la loi intégrale ne pourrait couvrir les enjeux soulevés par la mort de Lyhanna. Ni budget ni législation ne se dégagent de cette affaire pour l'exécutif, qui semble la réduire à une défaillance personnelle isolée.







