Le continent africain se retrouve à nouveau sous les feux des projecteurs pour des raisons bien moins festives que prévu. La Coupe du monde qui débute ce jeudi [11 juin] au Mexique, aux États-Unis et au Canada ne sera pas l'occasion de célébrer les prouesses sportives, à moins qu'une des dix équipes africaines ne parvienne à accéder à la victoire lors de la finale prévue le 19 juillet.
En effet, pour l'Afrique, cette compétition a souvent rimé avec des désagréments multiples. Des restrictions draconiennes empêchant de nombreux supporters de se rendre sur le sol américain pour encourager leurs équipes, à la montée vertigineuse des prix des billets, en passant par l'incapacité des chaînes publiques du continent à obtenir les droits de diffusion, ce Mondial s'annonce déjà comme un parcours du combattant pour les passionnés de football.
Les différents obstacles rencontrés ne sont pas uniquement le résultat d'une mauvaise organisation de la part de la Fifa, mais soulèvent également des questions sur l'implication des dirigeants africains.
Un incident révélateur
Le cas d'Omar Abdulkadir Artan, l'un des arbitres les plus reconnus d'Afrique, est particulièrement emblématique. Élu meilleur arbitre africain par la Confédération africaine de football en 2025, Artan avait réussi à faire partie des 52 arbitres sélectionnés pour officier durant le tournoi mondial. Malgré son visa en règle et son passeport diplomatique, il a été refoulé à son arrivée à Miami sans explication. Cette situation met en lumière les discriminations subies par les Somaliens sous l'administration de Donald Trump, qui a déjà qualifié leur pays de "pays pourri" lors d'une réunion au cabinet.
La Fifa semble, là aussi, fermée aux recours, laissant les décisions du président américain dictées l'organisation du tournoi.
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, semble davantage préoccupé par les enjeux financiers que par les liens émotionnels unissant les fans à leurs équipes, comme en témoignent les coûts prohibitifs des billets, qui restent inaccessibles pour de nombreux Africains désireux de participer à l'événement.
Le coût de l'exclusion
Cette année, les supporters africains ne pourront pas apporter leur ambiance festive et colorée aux compétitions sportives. Les barrières financières et les restrictions de visas dressées par Trump limitent fortement leur présence sur le lieu même de la compétition.
De plus, la question des droits de diffusion télévisée complique encore la situation. En effet, de nombreuses chaînes publiques, surtout celles des pays francophones, ne pourront pas diffuser plus de la moitié des 104 matchs. Cette année, la Fifa a confié les droits de diffusion en Afrique francophone à New World TV, excluant Canal+, une décision qui exacerbe les difficultés d'accès des fans.
Si l’on espère pour l’avenir une meilleure inclusion et une réelle prise en compte des spécificités africaines, cet épisode rappelle à quel point le chemin reste semé d’embûches pour notre continent sur la scène internationale.







