Le Nicaragua se place au premier rang des pays d'Amérique centrale en matière de grossesses précoces, un phénomène préoccupant qui est alimenté par la violence de genre et la pauvreté. Ce constat alarmant a été rapporté par le média en exil, Divergentes, soulignant le lien avec la répression exercée par le régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo, qui a conduit à la fermeture des associations de soutien aux jeunes filles.
La réalité des grossesses précoces touche de plus en plus de jeunes filles nicaraguayennes, avec un taux de 93 adolescentes sur 1 000, âgées de 15 à 19 ans, devenant mères. En comparaison, le Honduras affiche 81 grossesses pour 1 000 adolescentes, suivi du Guatemala avec 68. Le Panama et le Salvador totalisent chacun environ 50, tandis que le Costa Rica enregistre le taux le plus bas de la région.
Précarité, exclusion et autoritarisme
En interview avec Divergentes, le gynécologue José Antonio Delgado Alvarado évoque une détérioration dramatique des politiques de prévention pour les enfants et adolescents. D'après lui, cette crise ne peut être dissociée de l'affaiblissement des mécanismes de protection qui devraient accompagner les jeunes dans des contextes difficiles.
Les éléments en jeu incluent une montée de la violence à l'égard des filles, combinée à la pauvreté et à l'exclusion sociale, des facteurs récemment identifiés par des organisations comme Unicef et l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS).
Inscrit dans une dynamique politique complexe, le fléau des grossesses précoces ne peut être intégré sans tenir compte du climat autoritaire qui prévaut au Nicaragua. Le régime d'Ortega et Murillo contrôle étroitement la société, exacerbant ainsi la vulnérabilité des jeunes filles face à ce phénomène. Plusieurs défenseurs des droits des femmes constatent que la fermeture des organisations communautaires, qui jouaient un rôle crucial dans la prévention et l'éducation sexuelle, a considérablement aggravé la situation. Entre 2018 et 2024, près de 5 000 organisations de la société civile ont été supprimées, spécialisées dans la lutte contre la violence sexiste et le soutien aux adolescents.







