Le sourire de Lyhanna, son prénom, et cette phrase au-dessus de la foule blanche : « Plus jamais ça ». Suite à la disparition tragique de l'enfant et à la découverte de son corps dans un silo agricole du Gers, une onde de choc traverse le pays, exigeant des comptes. Ce drame humain, au-delà de ses implications émotionnelles, a fait éclater au grand jour un scandale d'État, révélant les défaillances dans le traitement des violences faites aux enfants.
Alors que les résultats de l'enquête administrative sont attendus, le dossier s'alourdit : le frère du principal suspect dans le meurtre de Lyhanna a été placé en garde à vue, en lien avec des affaires de viol sur mineurs et de séquestration commises entre 2007 et 2017. La situation exacerbe les tensions déjà présentes dans un système judiciaire déjà mal en point.
Le récent appel à la mobilisation, lancé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a convoqué 34 procureurs pour réexaminer 70 000 dossiers liés à des crimes impliquant des enfants, a été accueilli avec scepticisme. Les magistrats, déjà surchargés, reçoivent des injonctions ministérielles incessantes, soulignant que la priorité est parfois mal orientée. "Trop de priorités tuent la priorité !" dénonce l'Union syndicale des magistrats.
Depuis 2025, 42 circulaires et 72 dépêches ont été envoyées aux parquets, mais les réformes semblent encore loin.
Il est crucial de comprendre que pointer du doigt quelques individus, qu'ils soient gendarmes ou magistrats, ne résout pas le problème systémique. Des affaires passées comme celles de Lina, Apolline ou Lola rappellent les failles béantes du système de protection de l'enfance. L'angoisse collective grandit face à ces échecs.
La présidente de l'Assemblée nationale l'a bien dit : « Le temps où nos rapports servaient à caler les étagères est fini. » La libération de la parole des victimes nourrit un changement sociétal vital. À présent, il incombe au gouvernement de prendre des mesures responsabilisées pour rétablir la confiance.







