Bruno Le Maire évoque son bilan : entre erreurs collectives et défis financiers

Bruno Le Maire défend son bilan à Bercy et évoque l'urgence de réformer le système économique.
Bruno Le Maire évoque son bilan : entre erreurs collectives et défis financiers

Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie, partage ses réflexions sur son expérience politique dans son ouvrage Le Temps d'une décision (Gallimard). Il a récemment été l'invité de l'émission Tout est politique, où il a été questionné par Myriam Encaoua et Laurent Joffrin sur son passage à Bercy.

Laurent Joffrin : Vous faites face à des critiques insistantes de votre gestion, avec une dette atteignant 1 000 milliards d'euros. Qui en est le responsable ?

Bruno Le Maire : J’aimerais que tout cela repose sur mes seules épaules. Cependant, depuis mon départ, la dette a crû de 250 milliards d'euros, sans facteurs exceptionnels comme le Covid ni les conséquences directes de la guerre en Ukraine.

Laurent Joffrin : Vous admettez pourtant avoir fait des erreurs.

Bruno Le Maire : Il est indéniable qu'une part de responsabilité nous revient. Sans erreurs, la situation actuelle ne serait pas celle que nous connaissons.

Myriam Encaoua : Vous évoquez un échec collectif sans faire de mea culpa personnel.

Bruno Le Maire : Effectivement, la gestion de cette dette est un problème systémique et non individuel. Changer simplement de ministre n’a pas réglé la question. Notre modèle social actuel, associé à un système de retraite ancien, amplifie nécessairement les dépenses publiques chaque année. Une refonte complète est nécessaire.

Nous devons faire face à la réalité démographique : le vieillissement de la population rend le maintien d'un système de retraite par répartition impossible sans révisions drastiques des pensions ou des charges pour les actifs. Un renouvellement systématique est essentiel.

Laurent Joffrin : Qu'en est-il de votre réforme des retraites, qui semble avoir échoué ?

Bruno Le Maire : C'est un regret. Même si ma période était réglée pour 2024, le retrait de cette réforme est criminel. On laisse entendre que c'est vital pour les finances publiques et pour la solidarité intergénérationnelle, mais à peine deux ans après, le projet est abandonné. Cela envoie un mauvais message aux Français.

Myriam Encaoua : Cela exigeait de trouver une majorité malgré un paysage politique fragmenté.

Bruno Le Maire : Oui, mais tous les compromis ne se valent pas. La nécessité d'une réforme est claire : refondre le système de santé et chercher des économies. Je crois qu'il faut envisager de décaler l'âge de départ à la retraite à 65 ans, tout en conservant certaines options de capitalisation en complément.

Par ailleurs, j'ai institué un produit d'épargne-retraite qui, contre toute attente, a séduit 13 millions de Français, représentant 150 milliards d'euros. Cela témoigne d'une prise de conscience face à l'avenir incertain.

Myriam Encaoua : Certains indicateurs économiques sont préoccupants, avec des risques de récession imminents.

Bruno Le Maire : Je reconnais ma part de responsabilité, mais un changement drastique de cap en 2024 ne peut que surprendre. Sous ma gestion, nous avons assuré une stabilité fiscale, et notre héritage, avant 2024, était de plus d'emplois créés que fermés.

Laurent Joffrin : Pour certains, la perte des élections en 2024 est le fond du problème.

Bruno Le Maire : C’est un fait. Et j’en ai tiré les leçons nécessaires. Le chemin reste long, mais la clarté sur l'avenir politique et économique est essentielle.

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