Lors de son passage dans le Grand Jury RTL, Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, a critiqué l'approche gouvernementale quant à la hausse des prix des carburants, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient. Elle demande un blocage immédiat des prix à la pompe, arguant que les Français ne devraient pas devoir assumer les profits des multinationales comme Total.
Mathilde Panot a déclaré : "C'est de l'argent public qui va dans les poches de Total." Elle a vivement reproché au Premier ministre Sébastien Lecornu son récent plan d’aide de 700 millions d'euros, présenté pour faire face à cette crise. Selon elle, cette solution ne fait qu'alimenter les profits des grandes entreprises plutôt que d’apporter une aide tangible aux citoyens.
Au cœur de son propos, Panot a proposé un gel des prix à 1,70 euros le litre, précisant que cela ne coûterait rien à l'État. « Il suffit d'un simple décret », a-t-elle affirmé, soulignant que le coût pourrait être pris en charge par les géants de l’énergie. Elle a également critiqué la spéculation sur le marché, ajoutant : "Nous ne pouvons pas accepter le chantage d'une multinationale. Les Français doivent avoir leur mot à dire dans cette affaire."
Une stratégie pour soutenir les indépendants
Panot a également évoqué l'impact du gel des prix sur les stations-services indépendantes, qui se trouvent souvent en difficulté face à la concurrence des grandes surfaces. En ayant un décret pour contrôler "les prix de gros", elle affirme que l'on pourrait stabiliser le marché et soutenir ces petits exploitants.
La députée a réfuté toute idée selon laquelle Total pourrait quitter le pays si ces mesures étaient mises en place, rappelant que d'autres pays, comme la Norvège, empêchent les géants pétroliers de fuir face à une fiscalité plus élevée.
Les alternatives en débat
Du côté du Rassemblement national, une baisse de la TVA sur les carburants est également proposée, une idée déjà présente dans le programme de Marine Le Pen. Cependant, Panot a dénoncé ce projet comme coûteux, suggérant que le RN évite d'imposer Total, un allié politique. Elle ironise : "Marine Le Pen dîne avec Patrick Pouyanné," le dirigeant de Total.
Concernant l'électrification, bien que parfois critiquée par le RN, Panot a affirmé que même si cela fait partie de la solution, les efforts nécessaires pour préparer un avenir électrique abordable n'ont pas été suffisants. "Nous avons besoin d'un meilleur développement des transports en commun," a-t-elle conclu, réitérant la nécessité de plans écologiques robustes dans l'industrie automobile.







