Victime d'une tentative d'assassinat à Nantes en 2021, Mahammad Mirzali, opposant au régime d'Ilham Aliev, attend actuellement le procès de ses agresseurs présumés. Sous escorte policière 24 heures sur 24, il vit dans une peur constante.
A 32 ans, l'allure frêle et les cheveux soigneusement coiffés, Mahammad Mirzali arbore de nombreuses cicatrices, témoins d'une vie de lutte. Une cicatrice particulière, derrière la nuque, rappelle une agression qui a failli lui coûter la vie, le 14 mars 2021, à Nantes, où il a véritablement cru mourir. Né le 5 février 1994 à Goychay, il grandit dans une famille opposée au pouvoir en place, un contexte qui façonne son parcours militant.
Un parcours imprégné d'exil
Après avoir manifesté contre le régime, Mahammad Mirzali a vu ses aspirations universitaires anéanties par la corruption. Effectuant son service militaire, il subit des violences à cause de ses opinions. En 2015, il crée le blog « Made in Azerbaijan » sur Facebook pour dénoncer les violations des droits humains. En raison des intimidations, il s'exile en France et obtient le statut de réfugié politique à seulement 22 ans.
Après plusieurs déménagements à Paris, Laval et Perpignan, il finit par s'installer à Nantes et travaille comme livreur. Mais en octobre 2020, il est victime d'une première tentative de meurtre, où une balle le touche à l'épaule. Puis, en mars 2021, il reçoit une quinzaine de coups de couteau, le contraignant à une opération chirurgicale de longue durée.
Une vie sous haute surveillance
Aujourd'hui, Mahammad Mirzali vit reclus, entouré de policiers. Sous antidépresseurs, il exprime son désespoir : « C'est comme si j'étais en prison. Je n'ai pas d'amis, pas de vie sociale », confie-t-il à l'AFP. Alors qu'il est toujours la cible de menaces de mort sur les réseaux sociaux, il reste actif sur ses blogs, où il critique le régime d'Aliev. Jeanne Cavelier, responsable de Reporters sans frontières, souligne le courage exceptionnel dont il fait preuve en continuant à parler malgré ces menaces permanentes.
Pour son avocat, Me Henri Carpentier, Mahammad est conscient que ce procès ne marquera pas la fin de son combat. Bien qu'il attende avec impatience la tenue du procès, il sait que les menaces ne disparaîtront pas et que sa vie de reclus continuera : « Ma vie, elle est morte », témoigne-t-il, avec une voix chargée de tristesse. Son histoire est un exemple tragique de la détermination d'un homme à défendre ses convictions, malgré les dangers qui le guettent.







