De violents affrontements se produisent à nouveau en Bolivie, alors que les forces de l'ordre tentent de rouvrir des routes cruciales pour l'acheminement de nourriture et de carburant vers La Paz, asphyxiée par des barrages érigés par des manifestants.
Sous la présidence de Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir il y a à peine six mois, le gouvernement fait face à un mécontentement croissant. Ce dernier est causé par la crise économique majeure que traverse le pays, la plus sévère depuis quatre décennies. À ce jour, de nombreuses catégories socio-professionnelles, dont les paysans, ouvriers, enseignants et transporteurs, militaient contre la situation actuelle.
Les manifestants, qui maintiennent plus d'un cinquantenaire de barrages, ont durci leurs exigences, réclamant désormais la démission du président, ayant mis un terme à deux décennies de gouvernements socialistes sous Evo Morales et Luis Arce.
Samedi, un nouveau tour de tensions a secoué le pays. Des agents antiémeutes ont, dès l’aube, utilisé des engins pour retirer les débris qui obstruaient les routes, encerclant ainsi La Paz, capitale administrative en crise alimentaire, avec des pénuries aiguës de nourriture, de carburants et de médicaments.
Le ministre des Travaux publics, Mauricio Zamora, qui a dirigé une opération comptant environ 2.000 membres des forces de l’ordre pour mettre fin aux barrages, a déclaré avoir échappé à une embuscade violente. "C'était un véritable affrontement, avec des dynamites et des pierres", a-t-il témoigné sur la chaîne Unitel. "J'ai eu peur pour ma vie".
Alors que la police répondait par des gaz lacrymogènes, des manifestants, armés de pétards et de frondes, ont durci la défense de leurs positions, notamment à El Alto, ville voisine de La Paz, ainsi que sur la route menant à Oruro. Ces échauffourées ont duré plusieurs heures, faisant craindre un impasse dans la crise actuelle.
Bien que certains camions aient réussi à traverser, la situation s'est envenimée, des secteurs étant rapidement repris par les groupes protestataires. À la clôture de la journée, les rapports des autorités n’indiquaient ni blessés ni arrestations, mais la crise demeurait toujours latente.
La Confédération syndicale unique des travailleurs paysans, principal syndicat agricole du pays, a appelé les membres à amplifier les blocages, intensifiant encore plus la pression sur le gouvernement. Selon France 24, cette mobilisation marque un tournant dans les luttes sociales en cours.







