Depuis la crise sanitaire, l'absentéisme ne cesse d'augmenter. D'après les données du baromètre annuel publié par Malakoff Humanis, le taux est passé de 4,2% en 2024 à 4,3% en 2025, une augmentation de 25% comparée à 2019, l'année précédant la pandémie. À noter qu'un salarié sur trois s'arrête au moins une fois par an, soulignant un malaise croissant dans le monde du travail.
"La rupture intervenue en 2020 n'a pas été suivie d'un retour à la normale. Au contraire, nous assistons à une normalisation à un niveau plus élevé," observe l'étude.
Ce phénomène d'absentéisme mérite d'être étudié. Les arrêts longs, représentant 9% des absences totales mais 64% des journées perdues, continuent d'augmenter d'année en année, marquant un changement dans les comportements de santé au travail. La durée moyenne des arrêts est passée de 23,1 à 23,7 jours sur une année.
Des arrêts longs chez les plus âgés
Les seniors, bien que moins souvent en arrêt, affichent des durées d'absence plus longues, avec 70% des arrêts dépassant 60 jours. Leur taux d'absentéisme est deux fois supérieur à celui des jeunes, en grande partie en raison de problèmes de santé liés à l'âge.
Ce phénomène est accentué par le recul de l'âge de départ à la retraite, diminuant la capacité de reprise au travail des seniors. En revanche, chez les jeunes, bien que les arrêts soient plus courts, la tendance au polyabsentéisme se dessine, caractérisée par des arrêts répétés, reflétant une fragilité physique et mentale.
"Cette répétition des arrêts est le signe d'une santé dégradée, plutôt qu'un simple accident," indiquent les chercheurs.
Les problématiques de santé mentale
De plus, les jeunes citent des causes telles que des difficultés financières, la pénibilité croissante des emplois et une détérioration de leur santé mentale. La santé mentale est désormais le motif principal d'absentéisme, représentant 38% des arrêts longs.
+35% chez les cadres entre 2019 et 2025
Une autre tendance préoccupante est l'augmentation de l'absentéisme chez les cadres, qui a bondi de 35% entre 2019 et 2025. Bien que les arrêts soient encore plus fréquents parmi les ouvriers, les managers, en particulier, sont particulièrement touchés, près de la moitié d'entre eux ayant reçu un arrêt de travail.
"L'après pandémie a créé de nouvelles formes de travail, rendant la gestion des équipes plus complexe pour les managers," souligne l'étude.
Le coût de l'absentéisme, qui a atteint 17 milliards d'euros en 2024 pour la Sécurité sociale, pourrait en réalité dépasser les 100 milliards d'euros si l'on intègre les frais invisibles, comme l'affirme l'économiste Laurent Cappelletti.
Cette analyse repose sur une étude réalisée par l'Ifop, impliquant un panel de 3.000 salariés, l'examen des arrêts chez 3,8 millions de clients, ainsi qu'un suivi médical de 300.000 arrêts prolongés.







